La Gironde est repassée en vigilance rouge pour les risques de feux de forêt, le quatrième niveau sur une échelle de cinq, a annoncé la préfecture samedi midi. Cette décision intervient après qu'un mégafeu, déclenché le 22 juillet à Saumos, à l'ouest de Bordeaux, a brûlé 42 000 hectares, soit environ quatre fois la superficie de Paris. L'incendie, considéré comme « maîtrisé » depuis le 1er août, reste sous étroite surveillance.
Conditions météorologiques défavorables
La préfecture justifie cette décision « au regard de l'évolution météorologique défavorable », avec des pointes de chaleur avoisinant les 38°C dans le Sud-Ouest, selon Météo-France. Ce niveau de vigilance « entraîne le renforcement des mesures de prévention et de restriction », précise le communiqué officiel.
Dans les « communes à dominante forestière », les manifestations festives, sportives et culturelles sont notamment interdites dans les « espaces exposés ». Ces mesures visent à réduire tout risque de départ de feu dans un contexte de sécheresse et de températures élevées.
Activités interdites dans tout le département
Dans l'ensemble du département, plusieurs activités susceptibles de provoquer des incendies sont interdites : l'utilisation d'un chalumeau pour débroussailler, les lanternes volantes, le brûlage de déchets verts, et les feux d'artifice, à l'exception de ceux d'initiative publique tirés depuis une plage, en dehors des zones exposées et en direction du large.
Ces restrictions s'ajoutent à celles déjà en place depuis le début de l'été, alors que la région fait face à une sécheresse exceptionnelle. Les autorités appellent à la plus grande prudence.
Bilan humain et matériel lourd
L'incendie de Saumos a détruit 240 maisons et contraint à l'évacuation de plus de 220 000 personnes. Ce mégafeu est le plus dévastateur depuis 1949, selon les autorités. Bien que « maîtrisé », il reste sous surveillance étroite, avec des points chauds potentiels.
Cet événement a ravivé le débat sur la gestion forestière et l'aménagement du territoire, comme le souligne une interview dans Le Nouvel Obs : « Cet incendie révèle que l'Etat a délaissé son rôle d'aménageur du territoire », a déclaré un expert. Par ailleurs, Cécile Duflot, depuis les Landes, a affirmé : « La France connaît ses premiers réfugiés climatiques depuis quelques années ».
La vigilance rouge devrait rester en vigueur tant que les conditions météorologiques ne s'amélioreront pas, et la population est invitée à suivre les consignes de sécurité.



