Fusillade à Béziers : l'avocate générale s'emporte contre les accusés
Fusillade à Béziers : l'avocate générale s'emporte

Au quatrième jour du procès devant la cour d'assises de l'Hérault, les circonstances de la mort de Yazid Cherita, 21 ans, tué par une balle perdue le 16 juillet 2019 à Béziers, restent difficiles à établir. L'avocate générale a vivement critiqué les accusés, tandis que le verdict est attendu ce vendredi 29 septembre.

Des tirs après une série d'incidents violents

La fusillade a éclaté dans le quartier sensible de la Devèze après une série d'incidents violents impliquant trois des accusés. Le dernier d'entre eux est arrivé en voiture place de l'Église, et un échange de tirs a eu lieu entre un groupe et le conducteur. C'est sans doute une balle tirée par ce dernier qui a abattu, par erreur, la victime. Pour les policiers, tout cela serait lié à un vol de drogue entre dealers, mais le reste demeure flou.

L'avocate générale s'indigne des explications

Rachid Kazgah, 34 ans, encourt trente ans de réclusion pour tentative de meurtre, soupçonné d'avoir tiré sur Kamal Hajjaj, le conducteur de la voiture. Il explique son conflit par une « tarte » donnée en 2017. L'avocate générale réplique : « Mais pourquoi vous distribuez des tartes comme ça ? » Rachid Kazgah affirme que rien n'a à voir avec un trafic : « Un jour j'ai parlé mal de sa mère et il était pas content, on s'est battus. Je n'avais pas d'arme ce jour-là, je n'ai pas tiré sur son Audi. Et lui, je pense pas qu'il voulait tuer. Il voulait faire peur. Dans le quartier, on n'est pas des criminels. »

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Les accusés se renvoient la responsabilité

Mohamed Lazgah, frère du premier accusé, qui a joué un rôle clé en tabassant un premier jeune avant de s'en prendre, avec une arme, au frère du conducteur, assure n'avoir rien fait. « On a tous grandi là-bas, on était comme des frères, c'est pour ça que je suis déchiré. Kamal et Rachid, ils étaient amis avant, c'est une tristesse de les voir comme ça », insiste-t-il. L'avocate générale se désole : « Votre défense, c'est comme pour votre frère : ils mentent tous et moi je dis la vérité. »

La partie civile pointe le trafic de stupéfiants

Me Epailly, partie civile, souligne : « Tout tourne autour de la drogue, mais personne ne veut l'admettre. Et on jure qu'il n'y a pas d'armes, alors que tout le monde en a vu et qu'on a des balles partout. Le trafic de stupéfiants est consubstantiel à la détention d'arme, pour se protéger, pour faire peur et pour assurer son statut social, comme avec le dernier smartphone. »

La famille de la victime à l'opposé des trafics

Me Grégoire Mercier, partie civile pour la famille de Yazid Cherita avec Me Solène Mangin, insiste : « Quand on tire sur un groupe de personnes au niveau de la poitrine, c'est qu'on a la volonté de tuer. C'est un meurtre, y compris si on ne sait pas qui va être touché. » Il rappelle que la famille est à l'opposé des trafics de quartier : « C'est faux de dire que c'est un miracle de ne pas tomber dans les stupéfiants à la Devèze. Dans leur famille, tout le monde travaille, une fille au tribunal, un fils chauffeur poids lourd. »

Le réquisitoire, la défense et le verdict sont attendus ce vendredi 29 septembre.

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