Free-party interdite à Aubigny : 1 500 fêtards défient la préfecture
Free-party à Aubigny : 1 500 personnes bravent l'interdiction

Depuis vendredi soir, une free-party anime la campagne des Deux-Sèvres. Environ 1 500 personnes ont investi une parcelle agricole à Aubigny, près d'un bois, pour un rassemblement musical qui défie l'interdiction préfectorale. Les participants, âgés de 20 à 30 ans pour la plupart, sont venus en nombre, certains de l'étranger. La mairie a ainsi confirmé à La Nouvelle République que des fêtards sont arrivés d'Italie et d'Espagne.

Le site choisi par les organisateurs se trouve à proximité d'un bois, dans un secteur rural et sec, particulièrement vulnérable en cette période estivale. Les accès sont limités, ce qui complique l'intervention des secours en cas de nécessité. La fête, qui a débuté dans la nuit de vendredi à samedi, se poursuit sous la surveillance des gendarmes. Mais elle suscite une vive colère chez les agriculteurs locaux, qui redoutent un départ de feu dans ce secteur boisé.

Un arrêté préfectoral ignoré

Vendredi, la préfecture des Deux-Sèvres avait pris un arrêté interdisant « tout rassemblement festif à caractère musical – free-party, rave-party et teknival – autres que ceux légalement déclarés ou autorisés ». Une décision motivée par le risque incendie, comme l'indique l'AFP. Les services de l'État soulignent que de nombreux pompiers et gendarmes du département sont « mobilisés sur les incendies, notamment ceux de Gironde ».

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Malgré cette interdiction formelle, les organisateurs ont maintenu le rassemblement. Les forces de l'ordre ont mis en place un dispositif de sécurité au sol et dans les airs afin de suivre l'évolution de la situation. Dans ce contexte, leur mission principale consiste à éviter tout débordement et à protéger les personnes, tout en tentant de faire entendre la voix des autorités aux participants.

Les agriculteurs veulent en finir

L'occupation de cette parcelle agricole par plusieurs centaines de personnes n'est pas du goût des exploitants du secteur. Jérôme et Félicien Rochard, deux éleveurs, n'ont pas mâché leurs mots dans les colonnes du Courrier de l'Ouest : « Nous allons avoir une cinquantaine d'agriculteurs en plus. Avec des tonnes à lisier. Il va y avoir du monde. Nous voulons qu'ils partent le plus vite possible. »

La colère est d'autant plus vive que la zone est particulièrement exposée au risque d'incendie. Les agriculteurs craignent que les fêtards, entre barbecues improvisés et groupes électrogènes, ne mettent le feu aux champs et aux bois alentour. La menace de déverser du lisier sur le site a été évoquée, une action qui aurait des conséquences sanitaires et matérielles importantes. Les gendarmes ont dû multiplier les discussions pour calmer les esprits et éviter une confrontation directe.

Des bénévoles équipés contre le feu

Du côté des organisateurs, on assure avoir pris la mesure du danger. Interrogés par Le Courrier de l'Ouest, des bénévoles de la free-party indiquent avoir « des extincteurs tous les 50 mètres ». Un correspondant de l'AFP sur place a confirmé cette information. Un jeune bénévole précise également : « Nous avons une équipe de maraude incendie, formée, qui circule pour éviter les barbecues, pour surveiller les groupes électrogènes. »

Ces précautions sont toutefois jugées insuffisantes par les autorités locales, qui rappellent que le rassemblement est illégal. La préfecture avait d'ailleurs conditionné toute autorisation à des garanties strictes en matière de sécurité, ce qui n'a pas été le cas. La tension reste donc vive, d'autant que la fête aurait dû durer jusqu'à lundi midi selon La Nouvelle République, alors que l'ordre d'évacuer a été donné pour dimanche matin.

Un départ forcé sous haute surveillance

Les fêtards sont en effet sommés de quitter les lieux d'ici dimanche 2 août à 8 heures. Mais cette échéance pose un problème de taille : la gestion des participants sous l'emprise de stupéfiants. Selon Le Courrier de l'Ouest, de la kétamine, du LSD et de la cocaïne circulent sur le site. Des bénévoles reconnaissent qu'il existe des équipes formées pour gérer ces situations, mais ils s'interrogent : « Nous ne pourrons pas laisser partir des teufeurs sous l'empire de drogues demain matin à 8 heures. »

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La préfecture, de son côté, devra faire respecter son arrêté sans mettre en danger les participants ni provoquer un incident majeur. Les gendarmes restent mobilisés au sol et dans les airs pour encadrer l'évacuation. En attendant, la fête se poursuit dans une atmosphère tendue, et l'issue de ce rassemblement géant reste incertaine entre volonté des autorités de faire cesser la fête et nécessité d'assurer la sécurité de tous.