Le FLNC radicalise son discours et menace les non-Corses
FLNC : menaces contre les non-Corses lors d'une conférence de presse

Le Front de libération nationale corse (FLNC) a frappé fort ce jeudi 6 août 2026 en publiant une vidéo dans laquelle il revendique une radicalisation de son discours et menace directement les non-Corses. Dans cette conférence de presse clandestine, filmée dans un lieu tenu secret, un homme cagoulé et armé a lu un communiqué au nom de l'organisation clandestine.

Un ton nouveau, plus menaçant

Le FLNC, qui avait annoncé une trêve en 2014, semble vouloir renouer avec des méthodes plus dures. Le communiqué, dont Le Monde a obtenu une copie, précise : « Les non-Corses qui vivent et travaillent en Corse doivent comprendre qu'ils ne sont plus les bienvenus si l'État français ne répond pas à nos revendications. » Cette déclaration marque une escalade rhétorique sans précédent depuis des années.

Selon les autorités locales, cette vidéo a été tournée dans le maquis, probablement dans la région de Corte. Le FLNC y exige notamment la reconnaissance d'une « autonomie réelle » pour la Corse, avec des pouvoirs législatifs et fiscaux étendus. L'organisation menace de « représailles ciblées » contre les intérêts économiques français si ces demandes ne sont pas satisfaites avant la fin de l'année.

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Réactions politiques et inquiétudes

Cette radicalisation suscite de vives réactions. Gilles Simeoni, président du conseil exécutif de Corse, a condamné fermement ces menaces : « Le FLNC ne parle pas au nom des Corses. La grande majorité de la population aspire à une solution pacifique et démocratique. » Il a appelé à l'apaisement et au dialogue avec l'État.

De son côté, le ministère de l'Intérieur a annoncé le renforcement des effectifs de police et de gendarmerie en Corse. Une enquête a été ouverte pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ». Les forces de l'ordre sont en alerte maximale, notamment dans les zones touristiques très fréquentées en cette période estivale.

Un contexte de tensions croissantes

Cette menace intervient dans un climat déjà tendu. Depuis plusieurs mois, des actions violentes ont été revendiquées par des groupes se réclamant du FLNC : attentats contre des résidences secondaires, incendies de véhicules, ou encore intimidations envers des commerçants. Les statistiques officielles font état d'une hausse de 30 % des actes de violence politique en Corse au premier semestre 2026.

Les Corses non-insulaires, souvent appelés « pieds-noirs » ou « continentaux », expriment leur inquiétude. Marie, une commerçante installée à Ajaccio depuis 15 ans, témoigne : « Je me sens visée. On me demande si je vais partir. C'est une pression psychologique énorme. » Certaines associations de défense des droits de l'homme dénoncent une dérive xénophobe.

La question de l'autonomie au cœur du débat

Le FLNC justifie sa radicalisation par l'échec des négociations avec Paris. L'organisation réclame un référendum sur l'autonomie, promis par Emmanuel Macron en 2023 mais jamais organisé. Le gouvernement, par la voix du préfet de Corse, a rappelé que « le dialogue reste la seule voie » et que les menaces ne feront pas avancer les choses.

Les partis politiques insulaires sont divisés. Certains, comme Corsica Libera, soutiennent la démarche du FLNC, tandis que d'autres, plus modérés, appellent à une désescalade. La situation reste très volatile, et les prochaines semaines seront décisives pour l'avenir de l'île.

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