Un procès très attendu
Le tribunal correctionnel de Paris accueille ce lundi 18 mai 2026 l'ouverture du procès de Félix Bingui, surnommé « Le Chat », ancien chef présumé du puissant gang marseillais. Âgé de 42 ans, il est jugé pour trafic de stupéfiants et association de malfaiteurs, dans une affaire qui illustre la persistance du narcobanditisme dans la cité phocéenne.
Des accusations lourdes
Selon l'acte d'accusation, Félix Bingui aurait dirigé un vaste réseau d'importation et de revente de cannabis et de cocaïne entre 2018 et 2023. Les enquêteurs estiment que son organisation aurait généré plusieurs millions d'euros de chiffre d'affaires annuel, en s'appuyant sur une structure hiérarchisée et violente. Les écoutes téléphoniques et les témoignages d'anciens complices ont permis de l'identifier comme le principal décisionnaire.
Les charges incluent également des faits de séquestration et de menaces de mort à l'encontre de concurrents. L'un des dossiers les plus sensibles concerne l'enlèvement d'un dealer rival en 2021, qui aurait été torturé pendant plusieurs jours dans une villa des environs de Marseille.
Un parcours criminel bien connu
Félix Bingui n'en est pas à son premier contact avec la justice. Il a été condamné à plusieurs reprises par le passé pour des affaires de stupéfiants et de violences. Son surnom « Le Chat » lui a été attribué en raison de sa capacité à échapper aux interpellations, jusqu'à son arrestation en 2023 lors d'une opération conjointe de la police judiciaire et de l'Office antistupéfiants (OFAST).
« C'est un homme qui a construit un empire sur la misère des autres, mais aujourd'hui, il devra répondre de ses actes », a déclaré le procureur lors d'une conférence de presse précédant l'audience.
Des enjeux sécuritaires majeurs
Ce procès intervient dans un contexte de montée des violences liées au trafic de drogue à Marseille. En 2025, la ville a enregistré un nombre record de règlements de comptes, avec 49 morts. Les autorités espèrent que la condamnation de figures comme Félix Bingui enverra un signal fort aux réseaux criminels.
L'audience est prévue pour durer plusieurs semaines, avec une soixantaine de témoins cités. La défense, menée par Me Jean-Pierre Lemoine, plaide l'absence de preuves directes et conteste la fiabilité des écoutes. « Mon client n'est pas le chef d'un quelconque gang. Il est victime d'une machination policière », a-t-il affirmé à l'ouverture des débats.
Le verdict est attendu pour la fin juin 2026.



