Dans le Finistère, plusieurs véhicules portant des plaques d'immatriculation d'Île-de-France ont été volontairement dégradés. Des messages hostiles ont été gravés sur la carrosserie, comme « Parigot, dehors » sur la peinture rouge d'une voiture, ou encore « Non aux Parisiens », ponctué de plusieurs fautes d'orthographe, sur le flanc d'un autre véhicule stationné à Plobannalec-Lesconil, à la pointe sud du département. Au moins trois voitures immatriculées en région parisienne ont été la cible de ces inscriptions haineuses, selon la mairie de Plobannalec-Lesconil.
Réaction indignée du maire de Plobannalec-Lesconil
Agacé par ces faits, le maire Loïc Le Fur a diffusé un message sur la page Facebook de la commune. « Au-delà des dégâts matériels, c’est surtout l’esprit de ces actes qui nous choque profondément. Notre commune a toujours été, et doit rester, une commune ouverte, accueillante et respectueuse de chacun, quelle que soit son origine, son lieu de résidence ou la raison de sa présence parmi nous », a-t-il rappelé.
Deux jours plus tard, le maire de la commune voisine de Penmarc'h, David Le Berre, a dénoncé des faits similaires. Il évoque « un tag anti‑tourisme et xénophobe découvert sur un mur » ainsi que l'agression verbale d'une joggeuse. D'après l'élu, la femme aurait vu des locaux lui demander si « elle était d’ici » avant de se faire insulter. « C’est sidérant », a regretté le maire, qui a promis d'effacer le tag rapidement. « Personne n’a à justifier sa présence dans l’espace public », a-t-il assuré.
Un phénomène récurrent lié au logement et aux infrastructures
Les tags visant les touristes restent peu nombreux en Bretagne, mais depuis quelques années, ils refont surface. Selon les élus, ce phénomène s'explique notamment par le coût exorbitant des logements, particulièrement dans des communes où le taux de résidences secondaires peut excéder 70 %. Le dysfonctionnement des stations d'épuration, qui saturent face à l'afflux estival, est également cité comme facteur de tension.
Ces incidents, bien qu'isolés, illustrent un sentiment d'agacement d'une partie de la population locale face à la pression touristique et immobilière, sans pour autant justifier les actes de vandalisme et d'intimidation dénoncés par les maires.



