Festival antifasciste interdit à Lodève : la mairie refuse les salles
Festival antifasciste interdit à Lodève : la mairie refuse

Le festival antifasciste et antiraciste Les Fourmilières ne pourra pas se tenir à Lodève, dans l'Hérault, du 26 septembre au 10 octobre comme prévu. La nouvelle équipe municipale, dirigée par le maire Claude Laateb, a refusé la mise à disposition de salles municipales et d'espaces publics, estimant l'événement trop politisé. Le collectif organisateur, composé d'associations et de citoyens, envisage un recours devant le tribunal administratif.

Un refus motivé par la neutralité

Le festival Les Fourmilières, initié par le quartier généreux de Montpellier, se déroule dans plusieurs départements (Hérault, Gard, Aude, Pyrénées-Orientales) avec conférences, animations et concerts. À Lodève, le collectif avait sollicité la mairie pour utiliser notamment la salle Ramadier et d'autres espaces publics afin d'accueillir une cinquantaine de conférenciers et artistes. "Une première rencontre a réuni 30 personnes il y a trois mois. Depuis, nous avons contacté des intervenants et des artistes locaux et nationaux et travaillé la programmation. On a aussi croisé le maire, puis rencontré deux adjoints qui semblaient au départ favorables au projet", indiquent des membres du collectif le 3 juillet.

Par mail le 12 juin, la mairie a signifié son refus aux associations porteuses, l'Oustalité et Buena Onda Social Club. Le maire assume : "Ma décision ne remet absolument pas en cause la lutte contre le racisme. C’est un combat essentiel que je respecte pleinement. En revanche, en tant que maire, je dois faire respecter un principe simple : la neutralité de la commune. Le domaine public ne doit pas être utilisé d’une manière qui pourrait laisser penser que la mairie soutient une expression ou une prise de position particulière. Cette règle est la même pour toutes les associations."

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Des organisateurs déterminés

Les organisateurs contestent cette qualification. "Ça veut dire quoi ? Être contre le fascisme, contre le racisme et pour les solidarités c’est trop politisé ?", s'interrogent-ils. "Cet événement est ouvert, tourné vers le monde associatif et citoyen. Il n’y a pas de partis politiques." Le collectif, qui regroupe désormais 110 bénévoles et 15 associations locales, estime que la décision porte atteinte aux libertés fondamentales et se réserve le droit de l'attaquer devant le tribunal administratif.

"Ce refus s’inscrit au lendemain de l’interdiction, par la municipalité, de la pose d’une plaque gravée "Je sème la Paix" pour la Palestine, et de mauvais signaux envoyés au monde associatif", ajoute le collectif. "Nous sommes porteurs d’idéaux et d’actions d’auto-émancipation, de partage, d’inclusion, de solidarité, de respect et d’égalité. Nous agissons contre les discours et actes qui prônent le racisme, l’exclusion, la haine de l’autre et qui nuisent à notre capacité à vivre ensemble."

Une reprogrammation en lieux privés

Face au refus, les organisateurs assurent qu'ils maintiendront les animations programmées, mais dans des lieux privés à Lodève et dans des communes voisines plus accueillantes. "Nous prenons acte de la décision et nous assurerons les programmations engagées sur des lieux privés de Lodève et sur des communes voisines plus accueillantes qui soutiennent nos valeurs."

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