Un coup dur pour la vie nocturne dacquoise
Les nuits dacquoises ne sont plus les mêmes, et ce depuis quelques années déjà. Mais en janvier 2026, la préfecture des Landes a annoncé la fermeture administrative simultanée des établissements Le Duplex et Le Rich', les deux dernières institutions de la cité thermale en la matière. Cette décision administrative constitue un véritable séisme pour la vie nocturne locale.
Le Duplex : des problèmes de mise aux normes persistants
Pour Le Duplex, la fermeture administrative a été publiée le 26 janvier pour des problèmes de mise aux normes et de sécurité. À la sortie du Covid, un procès-verbal relevait déjà plusieurs manquements, imposant au gérant des travaux de mise en conformité. Une nouvelle visite a cette fois-ci débouché sur une fermeture administrative immédiate.
« Il résulte de la visite de la sous-commission départementale contre les risques d'incendie et de panique dans les établissements recevant du public, en date du 23 janvier dernier, que 16 des 17 prescriptions émises n'ont pas été levées, ou, pour l'une d'entre elles, l'a été sans autorisation de travaux », précise l'arrêté préfectoral.
Depuis cette date, le gérant a cessé toute activité. La réouverture ne pourra intervenir qu'après la réalisation complète des travaux de mise en conformité. Laurent Hamelin, à la tête de la discothèque située 3, cours Pasteur, n'a pas souhaité commenter la décision de la préfecture, mais explique avoir engagé le chiffrage des travaux nécessaires à la réouverture.
Le Rich' : un historique d'incidents répétés
De son côté, l'établissement Le Rich' est contraint de garder ses portes fermées pour une durée de quinze jours, soit jusqu'au vendredi 13 février, suite à un arrêté émis par la préfecture des Landes. Dans le détail, l'arrêté indique qu'un rapport administratif de la direction départementale de la police nationale, daté du 12 janvier 2026, « fait mention de 23 interventions des forces de l'ordre portant sur cet établissement en 2025 ».
Parmi elles, celles du 27 avril 2025 et du 1er janvier 2026, justifiées par des rixes, ont impliqué « plusieurs personnels de l'établissement et plusieurs armes par destination, […] entraînant des procédures judiciaires ». De plus, l'établissement est « connu défavorablement des services administratifs et de police » pour des procédures antérieures en 2015, 2016, 2017 et 2018, mais similaires aux faits détaillés dans le rapport du 12 janvier 2026.
« Le gérant s'était engagé à renouveler son personnel de sécurité, entretenir de meilleures relations avec les services de police et renforcer la sécurisation des abords de l'établissement, avec une présence dissuasive des agents de sécurité en amont de la rue Saint-Eutrope », peut-on lire dans l'arrêté préfectoral. Ces engagements n'ayant pas été respectés et au regard du passif de l'établissement, le préfet des Landes considère que la discothèque « est de nature à troubler l'ordre public ».
Un sujet sensible pour la profession
Contacté par « Sud Ouest », le gérant, Gérard Cazaux, évoque un « torchon administratif » et revient sur le dernier incident survenu dans la nuit du 31 décembre 2025. « Un affrontement dans la rue mêlant un individu que nous ne souhaitions pas recevoir, repris de justice et sortant de prison », avec les videurs de l'établissement. La personne en cause aurait porté plainte contre Le Rich', alertant les services de la préfecture.
« Il y a là du côté de l'administration la volonté très nette de nous nuire coûte que coûte », dénonce le gérant de la discothèque. Ce dernier tient à préciser l'avis favorable établi par la sous-commission départementale contre les risques d'incendie et de panique dans les établissements recevant du public, balayant ainsi les suspicions d'un manquement aux règles de sécurité.
Alors que la fermeture de ces deux établissements signifie qu'il n'est plus possible de sortir après 2 heures du matin à Dax, l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie des Landes considère le sujet sensible, mais n'a pas souhaité commenter la situation particulière de la cité thermale, à ce jour.
Une tendance qui s'étend dans les Landes
À Mont-de-Marsan, la ville n'est, elle aussi, pas épargnée par les fermetures administratives des discothèques. Le FF Club, anciennement nommé Le Paradise, vient d'annoncer sa fermeture administrative pour une durée de quinze jours à partir de ce jeudi 5 février 2026. Cette multiplication des fermetures administratives interroge sur l'avenir de la vie nocturne dans le département des Landes.
Les autorités préfectorales semblent déterminées à faire respecter strictement les normes de sécurité et à maintenir l'ordre public, quitte à priver les villes de leurs derniers établissements de nuit. Cette situation pose également la question de l'accompagnement des gérants dans leurs démarches de mise en conformité, alors que les coûts des travaux peuvent s'avérer prohibitifs pour des entreprises déjà fragilisées par les conséquences de la crise sanitaire.



