IA en PME : 80% investissent moins de 5000 €, malgré la révolution annoncée
IA en PME : 80% investissent moins de 5000 €

La transformation numérique des PME françaises avance à pas mesurés. Selon le baromètre Alegria, 80 % d'entre elles investissent moins de 5 000 € dans l'intelligence artificielle, malgré quelques réussites locales prometteuses. Nous sommes allées demander à quelques PME en Occitanie quel est leur usage de l'IA.

Un décalage entre les annonces et la réalité

Réalisé auprès d'une centaine de structures, le premier baromètre du groupe Alegria dresse l'état des lieux technologique des petites et moyennes entreprises françaises en 2026, à l'heure de l'arrivée de l'IA. Ce rapport mesure le décalage entre les annonces médiatiques et les pratiques du terrain. Les conclusions de cette analyse soulignent une maturité moyenne évaluée à cinq sur dix. Les acteurs économiques du Sud-Est, qui représentent 20 % du panel national, s'approprient ces nouveaux outils avec des budgets d'investissement encore très limités.

L'étude révèle que la majorité des structures consacre moins de 5 000 € à ces technologies. En Occitanie, le tissu économique affiche une dynamique hétérogène et quelques acteurs intègrent déjà ces systèmes à leur modèle de développement.

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Des usages contrastés selon la maturité technologique

À Nîmes, la société Load Stations illustre une adoption massive. Virgile Arene, fondateur et dirigeant de cette société spécialisée dans les infrastructures de recharge électrique, place l'IA au centre de ses décisions stratégiques et opérationnelles quotidiennes. L'automatisation concerne la facturation et le support client de premier niveau. Le dirigeant va plus loin avec la supervision de son réseau. "Nous sommes capables de savoir à l'avance quand une borne va tomber en panne", précise Virgile Arene. Cette maintenance préventive limite grandement les besoins de recrutement de la jeune pousse gardoise. "Le niveau d'automatisation aujourd'hui est exponentiel et nous avons un niveau de production qui est plus élevé par individu", analyse le fondateur.

D'autres acteurs optent pour un déploiement intensif mais circonscrit. C'est la stratégie d'Agathe Boidin, dirigeante de Pacific Pêche. Son entreprise de vente d'articles de pêche ne confie aucune décision stratégique à ces programmes informatiques. La société déploie ces solutions pour la traduction de son site internet et la création de supports marketing. "Nous ne faisons pas cent pour cent d'IA, mais nous nous en aidons pour les retouches photographiques", détaille la dirigeante. L'entreprise investit massivement avec une enveloppe informatique de 250 000 €. Près de la moitié (40 % environ) finance ces nouveaux outils. Pour rationaliser ces choix, la direction a mené un diagnostic spécifique avec le cabinet régional DataSulting. La dirigeante s'appuie sur l'existant pour les nouveaux outils IA. "Nous nous sommes tournés vers les outils proposés par les logiciels que nous utilisions déjà, pour bien maîtriser ce qu'ils faisaient", souligne Agathe Boidin. Les équipes bénéficient aussi de formations soutenues par la Région.

L'automatisation ciblée des tâches récurrentes

Une part significative du territoire affiche une utilisation beaucoup plus restreinte. Alexandre Teissier, dirigeant du Marché du Lez, s'inscrit dans cette dynamique. Il limite cet usage à la partie administrative, juridique et aux comptes rendus de réunions. La structure montpelliéraine ne mobilise ces outils que principalement pour l'étude de futures implantations hors de la région. Le système compile des informations sur des secteurs géographiques éloignés, comme Lille ou la région de Saint-Tropez. Ce recours technologique reste informatif pour la direction, qui croise ces synthèses avec les rapports consulaires. "Cela nous permet d'avoir un certain nombre de données économiques rapidement quand nous ne connaissons pas le secteur", explique le dirigeant. La direction observe néanmoins une forte appropriation chez ses locataires pour l'architecture ou la communication. "Chacun a son propre logiciel et décide de le gérer comme il veut", conclut Alexandre Teissier.

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