Une septuagénaire incarcérée pour le meurtre de son mari atteint d'Alzheimer
Femme de 77 ans mise en examen pour homicide sur conjoint

Une septuagénaire incarcérée pour le meurtre de son mari atteint d'Alzheimer

Une femme âgée de 77 ans a été mise en examen et placée en détention provisoire ce dimanche pour « homicide sur conjoint », a annoncé la vice-procureure de Besançon, Christine de Curraize, lors d'une conférence de presse. La septuagénaire est suspectée d'avoir tué son mari de 88 ans, souffrant de la maladie d'Alzheimer et de problèmes de vessie, en lui portant de multiples coups de marteau sur le crâne.

Un drame familial dans le Doubs

Les faits se sont déroulés dans la nuit de jeudi à vendredi dernier, au domicile du couple situé à Grandfontaine, dans le département du Doubs. La suspecte, qui s'occupait constamment de son époux, a reconnu les faits lors de sa garde à vue. « Elle a expliqué qu'elle s'était réveillée la nuit et que, sur un coup de tête, qu'elle liait à son état de fatigue, elle s'était emparée d'un marteau », a détaillé la magistrate.

L'état de santé de l'octogénaire s'était considérablement dégradé ces derniers temps et il devait intégrer un établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) cette même semaine. Cette situation aurait contribué à l'épuisement profond de son épouse.

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Un état mental préoccupant

Après avoir commis l'acte, la septuagénaire a tenté de mettre fin à ses jours. « Elle a ensuite souhaité se donner la mort, s'alcoolisant pour se donner du courage », a poursuivi Christine de Curraize. La femme s'est entaillé les bras et a envisagé de se défenestrer, sans toutefois concrétiser ce geste.

Des voisins, l'ayant aperçue à sa fenêtre au premier étage vendredi matin vers 8h30, sont intervenus pour lui porter assistance. C'est à ce moment qu'ils ont découvert le corps sans vie de son mari, gisant dans son lit avec la tête ensanglantée. Les secours ont été immédiatement alertés.

L'épuisement des aidants familiaux

Mère de trois enfants adultes, la suspecte a confié aux gendarmes être « épuisée » par la charge constante que représentait la prise en charge de son époux. Les proches du couple, interrogés par les enquêteurs, se sont déclarés « extrêmement surpris du passage à l'acte » de cette femme pourtant décrite comme « très présente pour son mari ».

Selon les déclarations de la vice-procureure, l'entourage « n'avait pas mesuré l'intensité de sa fatigue, ni constaté d'état dépressif ». Cette tragédie met en lumière la détresse psychologique souvent silencieuse des aidants familiaux confrontés à des maladies neurodégénératives.

En raison de son état mental jugé préoccupant, la septuagénaire a été transférée en milieu psychiatrique après son interpellation. L'enquête se poursuit pour déterminer les circonstances exactes de ce drame et évaluer la responsabilité pénale de la suspecte au regard de sa santé psychique.

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