Deux individus ont été arrêtés par les gendarmes dans le secteur de Saint-Gilles après avoir tenté de se faire passer pour des policiers afin de dérober des bijoux. L'un d'eux, âgé de 21 ans, a été mis en examen pour vol en bande organisée et association de malfaiteurs, puis incarcéré le 24 juillet dernier. Il a depuis relevé appel de son placement en détention et demandait ce mercredi 12 août sa remise en liberté devant la chambre de l'instruction.
Un système rodé d'escroquerie par téléphone
Le dispositif était bien rodé : des habitants de la région recevaient des appels téléphoniques de personnes se faisant passer pour des policiers, mais qui étaient en réalité des voleurs. L'arnaque aurait commencé par un appel étrange reçu par une habitante de Saint-Gilles. À l'autre bout du fil, l'interlocuteur demandait des précisions sur des documents administratifs, puis d'autres appels auraient suivi pour connaître précisément quels bijoux de valeur possédait cette dame, tout en lui assurant qu'il allait faire des vérifications. En clair, il lui a fait peur et a essayé de soutirer des informations.
Les gendarmes montent une opération
Ces appels prétendument passés par la police ont fini par intriguer la victime, qui a contacté la gendarmerie pour tirer l'affaire au clair. Les gendarmes de Saint-Gilles ont fait des recoupements et ont décidé de monter une opération pour prendre le faux policier la main dans le sac lorsqu'il se présenterait au domicile de la femme. Le scénario s'est déroulé comme prévu : l'individu s'est présenté en se faisant passer pour un policier, mais les gendarmes l'ont interpellé et placé en garde à vue.
D'autres suspects auraient été identifiés dans cette affaire, qui s'articulait en partie via les réseaux sociaux, notamment des messages sur Snapchat. Un autre homme aurait notamment été arrêté au volant d'une voiture.
Le suspect clame avoir été manipulé
Dans le box des détenus, le jeune homme de 21 ans joue profil bas et assure avoir été manipulé via des instructions données sur Snapchat, qui consistaient à se faire passer pour un policier à la recherche de voleurs. Il a reconnu les faits et avoir agi sur fond de problème financier. Il aurait également confessé avoir fait des repérages. Sa ligne de défense ? Avoir été manipulé sans penser qu'il agissait dans un cadre plus large.
Son avocat, Me Hocine Baghadi, a insisté sur la jeunesse de cet individu, victime en quelque sorte de sa naïveté. « Je regrette énormément mon acte », assure le jeune homme. L'avocat montpelliérain a aussi souligné que son client avait été coopératif avec les services d'enquête, ce qui démontrait implicitement son faible niveau d'implication. « Il a été téléguidé », assure Me Baghadi, tout en plaidant une remise en liberté sous contrôle judiciaire. L'avocat général s'est dit opposé pour l'instant à la libération.
Le président de la chambre de l'instruction a indiqué que le suspect avait reconnu les faits. « Je regrette énormément mon acte, je veux travailler, je veux assumer les conséquences », a déclaré le suspect à qui la parole est donnée en dernier. La décision sera rendue vendredi 14 août.



