Explosion à Monaco : le procureur enquête sans exclusive, coopération avec l'Ukraine
Explosion Monaco : procureur enquête sans exclusive, coopération Ukraine

Ce vendredi 10 juillet, 11 jours après l'explosion au colis piégé survenue en Principauté de Monaco, le procureur général Stéphane Thibault a tenu une nouvelle conférence de presse pour faire le point sur l'enquête et donner des nouvelles des trois victimes. Il a annoncé que les investigations se poursuivent dans toutes les directions, sans exclusive, et qu'une coopération étroite avec l'Ukraine se met en place.

Une affaire aux allures de roman d'espionnage

Le 29 juin, un colis piégé explosait devant le Sun's Palace à Monaco, blessant grièvement trois personnes : Vadim Ermolaev, sa compagne Anna Nasobina et leur fils de 13 ans. La poseuse de bombe, Anastasiia Berezovska, une Ukrainienne de 39 ans, a été identifiée en moins de trois jours. Elle avait logé à Beausoleil et repéré les lieux avant son passage à l'acte. Mais elle a été retrouvée exécutée par balles près de Kiev, dans une forêt de la région de Boutcha.

Deux suspects ont été incarcérés par la justice ukrainienne : Vladyslav Reut, un agent actif du GUR (renseignement militaire), et son complice Vitaliy Zhykovych, un ancien officier du SBU (services spéciaux). L'affaire a pris une dimension internationale, faisant réagir jusqu'au président français Emmanuel Macron, qui a exhorté Volodymyr Zelensky à faire toute la lumière sur cette affaire.

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Enquête sans exclusive, mobile toujours inconnu

Stéphane Thibault a précisé : « Nous ne privilégions aucune piste et sommes encore en phase de recueil d'éléments. Nous n'avons pas les résultats sur la bombe, qui seront importants pour déterminer l'origine des éléments, et le ou les mobiles ne sont pas non plus identifiés. Nous investiguons dans toutes les directions sans rien exclure. »

Les enquêteurs de la Sûreté publique monégasque collaborent avec les autorités étrangères, notamment françaises et allemandes. « La police judiciaire continue à mettre beaucoup de moyens, en relation avec les autorités étrangères, notamment françaises, mais aussi les Allemands qui nous ont aidés assez rapidement pour identifier la personne suspectée d'avoir commis les faits du 29 juin », a-t-il ajouté.

Coopération judiciaire avec l'Ukraine

Ce vendredi, Stéphane Thibault a échangé en visioconférence avec son homologue ukrainien, Ruslan Kravchenko, procureur général d'Ukraine. « Nous nous sommes mis d'accord pour que les demandes d'entraide internationale soient envoyées afin que nous puissions obtenir les pièces nécessaires au développement de notre enquête », a indiqué Thibault. Aucun enquêteur monégasque ou français ne s'est encore rendu en Ukraine.

Ruslan Kravchenko, dans une déclaration sur Telegram, a appelé à la création d'un groupe conjoint d'enquête et assuré que « l'Ukraine est ouverte à une pleine coopération, conformément aux procédures juridiques internationales ».

État de santé des victimes : des progrès mais des pronostics réservés

Le procureur a donné des nouvelles des trois blessés : « Les victimes vont un peu mieux. J'espère qu'elles s'en sortiront avec le moins de séquelles possibles. » Le fils du couple, âgé de 13 ans, toujours hospitalisé à l'hôpital Lenval à Nice, a pu être entendu par les enquêteurs. Anna Nasobina, qui a subi une amputation des jambes, « va un peu mieux mais son pronostic vital est toujours engagé ». Quant à Vadim Ermolaev, cible présumée de l'attaque, « son état s'améliore mais il n'est pas encore en état d'être entendu ». Son audition pourrait être capitale pour comprendre les éventuelles menaces qui pesaient sur lui et sa famille.

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