L'actrice et réalisatrice Eva Ionesco a déposé une nouvelle plainte pour tenter de faire cesser la vente de photographies pédopornographiques prises lorsqu'elle était enfant, a indiqué son avocate, Me Meheust, jeudi 24 août. Cette démarche s'inscrit dans la continuité de son combat judiciaire entamé il y a plusieurs années.
Une nouvelle procédure pour bloquer la diffusion des images
Cette plainte, déposée auprès du parquet de Paris, vise à obtenir le blocage des sites qui continuent de diffuser ces clichés, pris par sa mère, la photographe Irina Ionesco, alors qu'Eva n'avait que 5 ans. Selon Me Meheust, « il s'agit de faire cesser définitivement le commerce de ces images qui constituent une atteinte grave à la dignité et à l'intégrité de ma cliente ».
La nouvelle procédure s'appuie sur la loi du 21 avril 2021 visant à protéger les mineurs des crimes sexuels, qui permet de demander le déréférencement et le blocage des contenus pédopornographiques. Eva Ionesco avait déjà obtenu en 2020 la condamnation de la galerie parisienne qui exposait ces photos, mais les images continuent de circuler sur internet.
Un combat judiciaire de longue haleine
Eva Ionesco, aujourd'hui âgée de 58 ans, se bat depuis plus de dix ans pour faire reconnaître la nature pédopornographique de ces photographies, prises entre 1970 et 1977. En 2017, la cour d'appel de Paris avait reconnu le caractère pédopornographique de certaines de ces images, une décision confirmée par la Cour de cassation en 2019.
Malgré ces victoires juridiques, les clichés continuent d'être vendus aux enchères et sur des sites internet, notamment à l'étranger. « Ma cliente est déterminée à aller jusqu'au bout pour que ces images disparaissent de la circulation », a ajouté son avocate.
Des recours juridiques renforcés depuis 2021
La loi du 21 avril 2021, dite loi « contre les violences sexuelles faites aux mineurs », a créé un délit spécifique de « fixation, enregistrement ou transmission de l'image d'un mineur présentant un caractère pornographique ». Elle permet également aux victimes de demander le retrait rapide des contenus auprès des hébergeurs.
Eva Ionesco espère que cette nouvelle plainte aboutira à une décision judiciaire qui contraindra les plateformes à bloquer définitivement l'accès à ces images. Son avocate précise que « la procédure vise aussi à identifier les responsables de la diffusion de ces clichés sur internet ».
Cette action s'ajoute aux précédentes plaintes déposées par l'actrice, qui avait notamment obtenu en 2020 la condamnation de la galerie parisienne pour « violation du droit à l'image » et « injure ».



