Un Marseillais de 39 ans a été condamné lundi par le tribunal judiciaire de Grasse à six ans de prison ferme pour avoir dépouillé des femmes âgées à Cannes. Son stratagème cruel consistait à se faire passer pour un agent d'office HLM ou un technicien de syndic, prétextant une vérification gratuite de détecteurs de fumée. Une fois à l'intérieur, il affirmait que les bijoux en métal précieux provoquaient des interférences avec les appareils, incitant ses victimes à rassembler bagues et colliers dans un torchon. Il s'emparait alors du butin et prenait la fuite.
Un mode opératoire rodé
Le prévenu ciblait des femmes âgées de 77 à 95 ans, repérant des prénoms anciens comme Yvette ou Mauricette sur des annuaires. La présidente du tribunal a émis l'hypothèse que l'homme achetait des fichiers volés sur le dark web, car le bottin papier n'existe plus. À l'audience, l'une des victimes, âgée de 95 ans, a témoigné, soutenue par son fils : "Il m'a fait enlever le collier que j'avais autour du cou, le dernier cadeau de papa avant qu'il ne meure".
Un récidiviste accro au poker
Michael Haziza, 39 ans, n'en était pas à son premier méfait. Avec neuf mentions à son casier judiciaire, il avait déjà été condamné à six ans de prison pour des faits similaires et bénéficiait d'une libération conditionnelle. Pour ses méfaits à Cannes, il utilisait exclusivement des VTC, un moyen de transport discret qui a permis aux enquêteurs de le géolocaliser. "C'est affreux ce que j'ai fait, mais je suis accro aux jeux. J'étais venu à Cannes pour un tournoi de poker", s'est-il défendu.
Une peine sévère mais inférieure aux réquisitions
La procureure avait requis huit ans de prison, déclarant : "Vous leur avez volé un morceau de leur vie". Le tribunal a finalement condamné l'escroc à six ans de prison ferme avec maintien en détention. Il devra également indemniser ses victimes. Cette affaire rappelle l'importance de la vigilance face aux personnes se présentant comme des agents officiels, surtout auprès des personnes âgées vulnérables.



