Les forces de sécurité marocaines ont interpellé 294 migrants samedi près de Fnideq, dans le nord du Maroc, pour empêcher un assaut vers l’enclave espagnole de Ceuta. L’intervention survient après des appels en ligne à passer la frontière le 15 août, deux semaines après une tentative massive impliquant 72 000 personnes.
Une opération de routine selon les autorités
Selon le média local Le360, qui cite une source sécuritaire, 294 candidats à l’émigration irrégulière ont été interpellés samedi matin, dont 248 migrants subsahariens et 46 Marocains. Un responsable informé des interventions en cours a assuré à l’AFP, sous couvert de l’anonymat, qu’il s’agissait d’une opération de routine visant à prévenir les tentatives de migration irrégulière en direction de Ceuta.
Les migrants se trouvaient sur une colline boisée au-dessus de Fnideq, à quelques kilomètres du poste-frontière, quand la police est intervenue pour les déloger. Une partie a été arrêtée et d’autres se sont échappés, selon un correspondant de l’AFP. Le responsable n’a pas communiqué le nombre total d’interpellations, précisant que ces arrestations s’inscrivent dans le cadre du dispositif sécuritaire important déployé pour éviter les départs.
Des rassemblements saisonniers près des enclaves
L’été surtout, les forêts proches de Fnideq et de Beni Ansar, près de Nador, ville marocaine jouxtant l’autre enclave espagnole de Melilla, à 400 km à l’est, sont des lieux de rassemblement pour les migrants subsahariens cherchant à rejoindre clandestinement ces territoires. Mercredi, les autorités marocaines avaient annoncé avoir pris des mesures pour contrer tout nouvel afflux massif vers Ceuta, faisant état de nombreuses publications en ligne affirmant que les frontières à Fnideq et Melilla allaient être ouvertes le 15 août, jour férié en Espagne.
Selon Le360 et le site Hespress, les forces de l’ordre ont arrêté ces derniers jours 61 personnes ayant incité ou fait la promotion de la migration irrégulière sur les réseaux sociaux.
Un bilan humain lourd
Il y a quinze jours, plus de 72 000 candidats à l’immigration, principalement des Marocains dont une majorité de jeunes hommes, avaient déferlé à pied ou à la nage sur Ceuta, avant d’en être expulsés presque immédiatement pour 70 000 d’entre eux, selon les autorités espagnoles. Selon des témoignages de migrants, d’ONG locales et plusieurs experts à l’AFP, les candidats au départ avaient pu se regrouper dans la zone frontalière et entrer à Ceuta sans être stoppés, au moins initialement, par les forces de sécurité marocaines.
Officiellement, au moins 91 personnes sont mortes dans cette périlleuse traversée, dont 80 en Espagne et 11 côté marocain. Selon des ONG marocaines, il y a des dizaines de disparus et au moins 141 morts.



