Dimanche 19 juillet 2026, des enfants voyageant seuls à bord du TGV Inoui n° 6866 reliant Cannes à Lyon sont restés bloqués plus de sept heures en gare de Saint-Raphaël-Valescure en raison d'un incendie de forêt dans le Var. Parmi eux, Nina, 9 ans, inscrite au service d'accompagnement « Junior & Compagnie ». Son grand-père, Pierre-Yves Delpech, élu à Caussols, témoigne de l'angoisse des familles et des défaillances de communication de la SNCF.
Un trajet de quatre heures transformé en calvaire
Pierre-Yves Delpech a déposé sa petite-fille en gare de Cannes à 15 h 47. Le trajet devait durer un peu plus de quatre heures. Mais en raison de l'incendie qui ravageait le secteur des Arcs - Taradeau, le train a subi des retards successifs : trente minutes, puis une heure et demie, puis plus de deux heures. À 18 h 18, le TGV est immobilisé à Saint-Raphaël-Valescure. Les enfants restent à bord sans information claire.
Des familles sans information et sans solution
Les familles reçoivent des messages contradictoires. Les contrôleurs semblent eux-mêmes privés d'informations précises. À bord, les rumeurs remplacent les consignes officielles : le train repartirait vers Nice, puis finalement vers Marseille, puis plus rien. Des parents et grands-parents se présentent sur le quai pour récupérer les enfants, mais la cellule de crise refuse dans un premier temps. Ce n'est qu'en fin de soirée que l'autorisation est donnée.
« Je ne suis arrivé à Saint-Raphaël qu'à 23 h 22 », témoigne Pierre-Yves Delpech. Pour certains proches, il faut parcourir des dizaines, voire des centaines de kilomètres en pleine nuit.
Les questions des familles et la réponse de la SNCF
Les familles ne remettent pas en cause le caractère exceptionnel de la journée, mais posent deux questions : comment expliquer qu'un service spécialement conçu pour les enfants voyageant seuls n'ait pas fourni d'informations claires pendant plusieurs heures ? Pourquoi avoir refusé dans un premier temps la récupération des enfants par leurs proches alors que le train était immobilisé en gare ?
Interrogé, le service Voyageurs de la SNCF répond : « Tout au long de ces perturbations, les enfants ont toujours été sous la surveillance d’un animateur Junior & Cie et leur sécurité a été assurée. Selon le règlement de sécurité, les seules personnes habilitées pour pouvoir récupérer l’enfant sont le responsable du contrat et le récupérant désigné dans le contrat. De la même façon, plusieurs SMS ont été envoyés tout au long de cet incident pour les tenir informées. »
Un souvenir d'angoisse pour les enfants
Pour Nina et les autres enfants, ce dimanche restera le souvenir d'une journée d'angoisse. « Je ne reprendrai plus jamais le train », a dit Nina à son grand-père lorsqu'il est enfin venu la récupérer.



