Le parquet de Paris a annoncé, ce vendredi 7 mai 2025, l'ouverture d'une information judiciaire visant le milliardaire Elon Musk, propriétaire du réseau social X (anciennement Twitter). Cette décision fait suite à des signalements concernant des dérives présumées sur la plateforme, notamment la diffusion de contenus haineux et la manipulation algorithmique.
Une enquête pour plusieurs infractions
Selon une source judiciaire, l'enquête porte sur des faits de provocation à la haine, de diffusion de messages violents et de non-respect des obligations légales en matière de modération. Les juges d'instruction devront déterminer si Elon Musk peut être tenu pénalement responsable des contenus publiés sur X, en tant que directeur de la publication.
Des signalements multiples
Plusieurs associations de lutte contre la haine en ligne, dont SOS Racisme et l'Union des étudiants juifs de France, avaient saisi la justice ces derniers mois. Elles dénoncent une recrudescence des discours antisémites, racistes et sexistes depuis le rachat de Twitter par Elon Musk en 2022.
Le parquet de Paris a également été alerté par la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) sur des possibles manquements à la protection des données personnelles. L'enquête devra vérifier si X respecte le Règlement général sur la protection des données (RGPD).
Une procédure inédite
Il s'agit de la première information judiciaire ouverte en France contre un dirigeant de réseau social pour des faits liés à la modération des contenus. Jusqu'à présent, les actions en justice visaient principalement les plateformes elles-mêmes, et non leurs propriétaires.
L'avocat d'Elon Musk en France, Me Jean-Baptiste Soufron, a qualifié cette procédure de « disproportionnée et infondée », estimant que son client n'a pas de contrôle direct sur chaque publication. Il a annoncé son intention de contester la décision.
Réactions politiques
Cette ouverture d'enquête a suscité des réactions contrastées. Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a rappelé que « la loi s'applique à tous, y compris aux géants du numérique ». À l'inverse, des députés de droite ont dénoncé une « instrumentalisation de la justice à des fins politiques ».
L'affaire pourrait avoir des répercussions internationales, alors que plusieurs pays européens examinent également la responsabilité des plateformes dans la diffusion de contenus illicites. La décision française pourrait faire jurisprudence.



