Le commerce, les droits de douane et la lutte contre le crime organisé ont été au centre des échanges entre Donald Trump et Luiz Inácio Lula da Silva lors de leur rencontre à la Maison-Blanche, qui a duré plus de deux heures et demie. Jeudi 7 mai, Donald Trump a qualifié cette réunion de « très réussie » sur son réseau Truth Social, saluant « le très dynamique président du Brésil ».
Une rencontre sans conférence de presse commune
Contrairement aux attentes, les deux dirigeants n’ont pas fait d’apparition commune devant la presse. Lula doit s’exprimer séparément à l’ambassade du Brésil à Washington. Les relations entre Brasilia et Washington ont été tumultueuses, mais les deux hommes, bien qu’idéologiquement opposés, reconnaissent une certaine « alchimie » personnelle, confirmée par le message de Trump.
Contexte géopolitique tendu
Leur première rencontre officielle, en octobre dernier en Malaisie, avait été cordiale. Depuis, les États-Unis ont renversé le dirigeant socialiste vénézuélien Nicolas Maduro et sont entrés en guerre contre l’Iran aux côtés d’Israël. Lula, qui avait accusé Trump de vouloir « devenir l’empereur du monde » en 2025, a fermement condamné ces interventions. « Je suis contre toute ingérence politique, quel que soit le pays », a-t-il déclaré le mois dernier.
Lula affaibli sur la scène intérieure
À 80 ans, Lula arrive à Washington affaibli politiquement après des défaites au Parlement brésilien. À moins de six mois de la présidentielle, il est au coude-à-coude dans les sondages avec Flavio Bolsonaro, fils de son prédécesseur. Selon Oliver Stuenkel, professeur de relations internationales, Lula cherche à « renforcer sa relation personnelle avec Trump » pour réduire les risques d’ingérence américaine dans le scrutin.
Coopération contre le crime organisé
La sécurité est la principale préoccupation des électeurs brésiliens. Le ministre brésilien des Finances, Dario Durigan, a souligné mercredi le souhait de son pays de renforcer la coopération contre les cartels de la drogue. Un accord a été signé en avril pour lutter contre le trafic d’armes et de stupéfiants. Trump a fait du combat contre le « narcoterrorisme » une priorité, qualifiant des groupes criminels d’organisations terroristes étrangères. Le Brésil craint que Washington ne classe ses deux principaux gangs dans cette catégorie, ce qui suscite des préoccupations en matière de souveraineté.
Terres rares et pratiques commerciales
La rencontre devait également aborder l’intérêt américain pour les gisements brésiliens de terres rares, essentiels à la fabrication de produits technologiques. Le Brésil possède les deuxièmes réserves mondiales, derrière la Chine. Par ailleurs, les États-Unis enquêtent sur le système de virement bancaire gratuit Pix, lancé en 2020, qui a révolutionné les paiements au Brésil avec sept milliards de transactions en janvier.



