Disparition de Léo Soulas : ses parents portent plainte contre deux marins
Disparition de Léo Soulas : ses parents portent plainte

Un an après la disparition tragique du second maître Léo Soulas, tombé à la mer au large de Toulon dans la nuit du 23 au 24 avril 2025, ses parents ont décidé de porter plainte. Ils visent deux membres d'équipage de la frégate de défense aérienne Forbin pour « non-assistance à personne en danger ». Sans corps ni certitude, la famille du jeune marin de 24 ans espère enfin connaître la vérité sur les circonstances de ce drame.

Une plainte pour non-assistance

Les parents de Léo Soulas, Sylvie et Bruno, ont officiellement déposé une plainte contre deux marins qui, selon eux, auraient attendu près d'une heure trente avant de signaler la disparition de leur fils. « Compte tenu des éléments découverts dans le cadre de l'enquête, nous avons décidé de déposer plainte contre deux marins qui n'ont pas laissé à notre fils la moindre chance de survie dans une mer glaciale et déchaînée », expliquent-ils. Ils précisent toutefois que, une fois l'alerte donnée, la commandante du Forbin et les moyens de la Marine nationale ont réagi rapidement, mais les recherches n'ont pas permis de retrouver le jeune homme.

Un combat pour la vérité

Leur avocate, Me Lise Bornes, estime que la procédure « homme à la mer » a été déclenchée trop tard. Elle évoque une « inertie délibérée » des deux marins, qui auraient également tardé à informer leur hiérarchie. Dans ces conditions, affirme-t-elle, « Léo n'avait plus aucune chance d'être sauvé ». Pour les parents, cette plainte marque le début d'un long combat judiciaire. « Nous voulons savoir ce qu'il s'est passé », insistent-ils, convaincus que les témoignages des mis en cause sont « bidon ». « Ils ont caché jusqu'au bout, et nous irons aussi jusqu'au bout. Nous voulons la vérité », assurent-ils.

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Le vide laissé par Léo

Depuis un an, Sylvie et Bruno Soulas vivent un deuil impossible. « On ne peut pas, on n'a pas de corps, on n'en aura jamais, rien… », témoignent-ils. Léo, leur seul enfant commun, était un jeune homme solaire, passionné par la mer et son métier. Il servait dans la Marine nationale depuis 2017 et était spécialiste en guerre électronique sur le porte-avions Charles-de-Gaulle. Au moment des faits, il était détaché sur la frégate Forbin pour une mission d'escorte. « Il aimait les gens, rencontrer de nouvelles personnes, s'ouvrir aux autres », se souviennent ses parents. Pour pouvoir se recueillir, ils ont érigé un monument dans le cimetière de La Ferté-Beauharnais, dans le Loir-et-Cher. « Notre deuil n'est pas fait. Mais ça nous fait du bien d'avoir quelque chose. Nous en avons besoin, et ses amis aussi », confient-ils.

Un appel à la justice

La semaine dernière, un an après la disparition, la famille de Léo s'est rendue à Toulon. Ils ont loué un bateau pour se rendre au large et « jeter des pétales de rose à la mer ». « Il nous manque tellement, il nous laisse un vide immense. Il manque à sa famille, ses amis, sa compagne. C'était la joie de vivre », confient Sylvie et Bruno. Déterminés à obtenir justice, ils espèrent un jour confronter les deux marins mis en cause. « Nous voulons voir qui sont ces deux marins. Et ce jour-là, nous les regarderons bien en face », concluent-ils.

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