Un homme de 43 ans a été condamné mercredi à 18 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises de la Gironde pour avoir violé son ex-compagne en se faisant passer pour un cambrioleur. Les faits s'étaient déroulés en janvier 2021 à Bordeaux. L'homme s'était introduit de nuit dans le domicile de la victime, vêtu de noir et le visage masqué, avant de la menacer avec un couteau. « Si tu cries, je tue tes enfants », avait-il lancé, avant de la violer.
Un stratagème macabre
Le procès a révélé que l'accusé avait soigneusement planifié son crime. Il avait notamment coupé l'électricité du logement pour plonger la scène dans l'obscurité, et s'était muni d'un couteau pour instaurer la terreur. La victime, qui avait reconnu son ex-compagnon malgré le déguisement, a vécu un calvaire de plusieurs heures. Les enquêteurs ont retrouvé des messages sur le téléphone de l'accusé montrant qu'il avait préparé son acte depuis plusieurs jours.
Un lourd passé de violences
L'homme était déjà connu pour des faits de violences conjugales. Le couple, séparé depuis peu, avait déjà été marqué par des épisodes de tensions. Lors de l'audience, l'accusé a tenté de minimiser les faits, évoquant une « dispute amoureuse ». Mais les jurés n'ont pas été dupes. La cour a également prononcé une interdiction définitive du territoire français pour ce ressortissant étranger.
La victime témoigne
La victime, âgée de 35 ans, a livré un témoignage poignant à la barre. « Il a détruit ma vie. Je ne peux plus dormir sans faire des cauchemars. Mes enfants ont été traumatisés », a-t-elle confié. Elle a salué la décision de la cour, estimant que « la justice a été rendue ». Les associations féministes présentes dans la salle ont également applaudi le verdict, tout en rappelant que les violences conjugales restent un fléau majeur en France.
Un verdict exemplaire
La peine de 18 ans de réclusion criminelle, assortie d'une période de sûreté des deux tiers, a été saluée par le parquet. « Ce verdict envoie un message fort : la justice ne tolérera pas de tels actes, même lorsqu'ils sont maquillés en scénario de film d'horreur », a déclaré le procureur. L'avocat de la défense a annoncé son intention de faire appel, estimant que la peine était « disproportionnée ».
Ce dossier illustre une nouvelle fois la difficulté pour les victimes de violences conjugales de se faire entendre. Selon les statistiques, une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint ou ex-conjoint en France. Les associations appellent à renforcer les moyens d'enquête et de protection des victimes.



