Une fausse apparition de Ghislaine Maxwell à Québec fait le buzz sur les réseaux sociaux
L'affaire Epstein continue de nourrir les spéculations les plus folles au sein de la complosphère. Après les révélations des documents du ministère de la Justice américain dévoilés le 30 janvier dernier, les projecteurs se tournent désormais vers Ghislaine Maxwell, l'ancienne complice de Jeffrey Epstein. Une vidéo virale prétendant la montrer en liberté dans les rues de Québec a enflammé les réseaux sociaux, avant que la vérité n'éclate.
Une vidéo qui semble convaincante au premier abord
La séquence, filmée depuis le point de vue d'un passant, montre un homme et une femme se faisant interpeller dans une rue. « Dans la ville de Québec », affirme une internaute avec assurance. Lorsque le passant lance un « Ghislaine ? », la femme vêtue d'un manteau bleu se retourne. À la question « Vous êtes Ghislaine ? », elle répond simplement « Non, désolée ».
Après avoir minutieusement comparé les traits du visage de cette femme avec ceux de l'ancienne complice d'Epstein, de nombreux internautes se sont montrés catégoriques : il s'agirait bien de Ghislaine Maxwell. Leur conviction a été renforcée par des analyses prétendument réalisées avec l'intelligence artificielle Grok.
La révélation : un deepfake créé de toutes pièces
FAUX. Toute cette agitation complotiste repose en réalité sur une vidéo profondément manipulée. Comment le sait-on ? En remontant à la source originale de cette publication. Le compte à l'origine de cette vidéo, selon sa biographie Facebook, est tenu par une personne travaillant dans la « création digitale ».
La vidéo a été publiée selon ce calendrier :
- Le 19 février sur Instagram
- Le 20 février sur Facebook
- Le 21 février sur TikTok
En examinant attentivement la publication Instagram, on découvre une mention ajoutée par l'auteur concernant l'utilisation de l'IA : « L'IA a pu être utilisée à diverses fins, de la retouche photo à la génération de contenu entièrement nouveau ».
Sur Facebook, l'auteur a été plus explicite encore, avertissant son public : « il s'agit d'une vidéo satirique utilisant la technique du face swap ». Autrement dit, le visage de Ghislaine Maxwell a été artificiellement superposé sur celui de la femme apparaissant initialement dans ces images. « Ce n'était vraiment pas compliqué à faire », a précisé son créateur auprès de Radio Canada, révélant avoir utilisé la même technique quelques jours plus tôt avec Jeffrey Epstein.
La complosphère tombe dans le piège
Malgré ces avertissements clairs concernant l'utilisation de l'intelligence artificielle, la vidéo a été massivement reprise par des comptes complotistes, qui ont soigneusement omis de mentionner la manipulation des images. Selon CBC News, l'auteur a précisé dans une story Instagram que son objectif « n'était pas de diffuser de fausses informations ».
Un élément authentique dans cette affaire : la scène se déroule bien dans une rue de la ville de Québec. Plus précisément « devant le commerce Snack Québ » - dont le logo est visible sur la vidéo - situé « rue Saint-Jean », comme l'a confirmé Radio Canada.
La véritable situation de Ghislaine Maxwell
La vraie Ghislaine Maxwell est incarcérée depuis juillet 2025 dans une prison pour femmes située à Bryan, au Texas. Initialement détenue dans une prison fédérale de Floride, elle a récemment fait parler d'elle en demandant la grâce présidentielle, condition qu'elle estime nécessaire pour témoigner pleinement sur l'affaire Epstein.
Cet épisode illustre parfaitement comment des contenus manipulés peuvent circuler rapidement sur les réseaux sociaux, alimentant des théories complotistes malgré les démentis et les avertissements de leurs créateurs. La facilité avec laquelle ces deepfakes peuvent être produits pose des questions cruciales sur la désinformation à l'ère numérique.



