Le 22 août 1962, le général de Gaulle échappe de justesse à l'attentat du Petit-Clamart. Selon des révélations publiées par L'Express, il aurait confié : « Sur le moment, j'ai pensé que ce ne serait pas une mauvaise fin. » Cette déclaration, rapportée par son aide de camp, le colonel de Bonneval, éclaire d'un jour nouveau la réaction du président face à la tentative d'assassinat perpétrée par l'OAS.
Une tentative d'assassinat historique
Ce jour-là, la DS noire présidentielle remonte l'avenue de la Libération, dans les Hauts-de-Seine. Un commando de l'OAS, dirigé par le lieutenant-colonel Jean-Marie Bastien-Thiry, ouvre le feu à l'arme automatique. La voiture est touchée par une quinzaine de balles, mais le général et son épouse s'en sortent indemnes. L'attentat échoue, et Bastien-Thiry sera arrêté, jugé et fusillé en mars 1963.
Une réflexion sur la mort
Dans les minutes qui suivent, de Gaulle, impassible, aurait confié à son entourage : « Sur le moment, j'ai pensé que ce ne serait pas une mauvaise fin. » Cette phrase, rapportée par le colonel de Bonneval, révèle la sérénité du général face au danger. Pour l'historien Arnaud Teyssier, auteur d'une biographie de référence, cette attitude est caractéristique de la conception gaullienne de la mort : « De Gaulle avait une relation très personnelle avec la mort, qu'il considérait comme un aboutissement possible, voire souhaitable, de son destin. »
Un témoignage rare
Le témoignage du colonel de Bonneval, qui était aux côtés du général ce jour-là, a été consigné dans ses carnets personnels, publiés récemment. Il rapporte également que de Gaulle aurait ajouté : « On a eu chaud, mais c'est la guerre. » Ces propos, jusqu'ici inédits, ont été exhumés par L'Express dans le cadre d'un dossier consacré aux 60 ans de l'attentat.
Un héritage politique
L'attentat du Petit-Clamart a profondément marqué la Ve République. Il a conduit au renforcement des mesures de sécurité présidentielle et à une législation antiterroriste plus stricte. Mais il a aussi révélé la détermination du général à poursuivre sa politique, notamment en faveur de l'indépendance de l'Algérie, qui était la cible de l'OAS.
Cette réflexion sur une « fin » possible ajoute une dimension tragique à la figure du général. Elle montre un homme conscient des risques de son engagement, mais résolu à aller jusqu'au bout de sa mission. Comme le souligne Arnaud Teyssier : « De Gaulle n'a jamais cherché la mort, mais il ne l'a jamais fuie non plus. »



