Onze personnes ont perdu la vie ce dimanche dans le crash d'un avion civil à Tomblaine, en banlieue de Nancy (Meurthe-et-Moselle), un drame qui figure parmi les plus graves catastrophes de l'aviation civile en France. Selon les premières informations de la préfecture, l'avion effectuait un baptême de parachute. Tous les occupants sont morts, mais aucune victime collatérale n'est à déplorer.
Les victimes : cinq moniteurs, cinq élèves et le pilote
Le préfet Yves Séguy a précisé que les victimes sont cinq moniteurs de parachute, leurs cinq élèves et le pilote. D'après une source proche du dossier, les élèves étaient tous infirmiers libéraux et participaient à un baptême collectif en parachute. Des proches et témoins ont assisté au drame en direct, voyant l'avion plonger peu après son décollage. Une cellule d'urgence médico-psychologique prend en charge plusieurs proches présents sur l'aérodrome, certains s'apprêtant à filmer le saut en tandem.
Le crash près des habitations
L'engin, un Pilatus immatriculé en Allemagne et loué pour l'occasion, s'est écrasé vers 11 heures sur une zone herbeuse de Tomblaine, à proximité de la piste de l'aérodrome de Nancy-Essey. Il est tombé près de la rue Salvador Allende, à côté d'une zone d'habitation et de deux routes. Le maire (PS) de Nancy, Mathieu Klein, a déclaré : « C'est dramatique, mais ça aurait pu être encore pire », soulignant que l'avion est « tombé à quelques mètres d'habitations ». Le préfet a confirmé l'absence de victimes collatérales.
Les témoignages et l'enquête
Un témoin a raconté : « J'ai vu l'avion qui montait, il avait vraiment le nez en l'air, et puis tout d'un coup, plus de bruit, et il est parti sur la droite. » Le maire de Tomblaine, Hervé Féron, a précisé que l'avion serait tombé « à pic » et « de façon totalement inexpliquée au moment de la phase ascensionnelle ». La police a appelé à éviter le secteur pour laisser l'accès aux secours.
Une enquête technique ouverte
Aucune explication n'a encore été fournie. Le pilote était expérimenté et la météo clémente. Le pôle accidents collectifs du parquet de Paris s'est saisi de l'enquête. Le procureur adjoint de Nancy, Amaury Lacôte, a indiqué avoir saisi la section des recherches de Paris en co-saisine avec la brigade de gendarmerie des transports aériens de Nancy-Metz. Quinze gendarmes, dont cinq techniciens en identification criminelle et enquêteurs en aéronautique, sont sur place. Les investigations seront « nombreuses et d'une particulière technicité », selon le pôle accidents collectifs. Les ministres de l'Intérieur Laurent Nuñez et des Transports Philippe Tabarot sont attendus sur place en fin d'après-midi.



