Deux jours après l'annonce d'opérations de repêchage de débris de l'épave, Nice a commémoré, ce mercredi 9 septembre 2026, la catastrophe aérienne de la Caravelle Ajaccio-Nice, qui fit 95 morts en 1968. Les familles des victimes, réunies devant la stèle du souvenir, voient leur espoir ravivé par la perspective de nouvelles opérations sous-marines.
Une cérémonie empreinte d'émotion et de soutien
La fanfare a cessé de jouer. La cérémonie s'achève, ce mercredi 9 septembre 2026 à Nice. Alain Dariste vient exprimer son soutien aux frères Paoli. Ce représentant de l'association Promenade des Anges, créée après l'attentat du 14 juillet 2016, se dit « admiratif » du combat de leur association : celle des familles des 95 victimes du crash de la Caravelle Ajaccio-Nice, le 11 septembre 1968.
« Le devoir de mémoire », « la recherche de vérité », Alain Dariste connaît. « Nous, ça fait dix ans. Eux, près de soixante ans ! J'espère qu'ils obtiendront des réponses… » Or ces derniers temps, cet espoir est ravivé. Ce lundi 7 septembre 2026, le procureur de la République de Nice a confirmé la perspective d'opérations de repêchage de débris de l'avion, par 2300 mètres de fond, au large du cap d'Antibes. En octobre 2025, une première campagne sous-marine avait permis de la localiser, et d'en remonter de précieux clichés.
« 58 longues années d'attente »
« Il a été acté une opération qui durera six jours, explique au micro Mathieu Paoli. Elle sera effectuée par une compagnie civile en présence de la juge qui sera à bord du bateau pour constater, peut-être, les causes réelles du crash. À ce jour, nous n'avons pas de date fixée pour le début de cette opération. » Mathieu Paoli, président de l'association des familles de victimes et inlassable défenseur de leur mémoire, dépose une gerbe en son nom.
Mathieu Paoli veut croire qu'elle permettra, enfin, de confirmer sa conviction, largement partagée : « L'Armée est bien responsable du crash de la Caravelle Ajaccio-Nice, suite à un tir malencontreux de missile non armé ». À l'époque, l'enquête avait conclu à un incendie accidentel. À l'approche de la fin de mandat d'Emmanuel Macron, Mathieu Paoli exhorte l'État à faire son mea culpa. « Nous espérons que la vérité sera enfin révélée avant cette échéance. Les familles encore de ce monde attendent cela avec impatience, pour enfin faire leur deuil après ces 58 longues années d'attente. »
« Le chemin de la justice n'est pas achevé »
« Il nous aura fallu 58 ans pour aller chercher cette vérité qui gît sans doute par ces 2300 mètres de profondeur », appuie au micro Eric Ciotti, présent pour la première fois en tant que maire de Nice. L'issue des opérations de relevage est incertaine. Reste que « ce combat avance doucement, mais sûrement, vers la vérité ».
Une poignée de proches de victimes reste fidèle au rendez-vous mémoriel. Ils ont appris à patienter, à voir le temps s'étirer. « Cette catastrophe n'a jamais cessé de hanter nos mémoires, assure Eric Ciotti. Le chemin de la justice n'est pas achevé. Celui du deuil non plus. Mais la force dont vous avez fait preuve jusqu'ici est exemplaire. »



