Six mois après l'incendie du Constellation à Crans Montana (Suisse), qui a fait 41 morts et plus d'une centaine de blessés lors du réveillon du Nouvel An, les époux Moretti se retrouvent de nouveau au cœur de la controverse. Selon la RTS, Jessica et Jacques Moretti ont engagé des travaux dans deux autres établissements qu'ils possèdent dans la station valaisanne : Le Senso, à Crans Montana, et Le Vieux Chalet, à Lens. Une perspective de réouverture qui suscite une vive émotion, notamment en Italie, où plusieurs victimes du drame étaient originaires.
La colère des familles italiennes
Depuis plusieurs jours, les médias italiens se font largement l'écho de l'indignation des proches des victimes. Certains accusent les propriétaires d'agir alors que l'enquête n'a pas encore livré toutes ses conclusions. D'après nos confrères, plusieurs familles ont même sollicité l'ambassadeur d'Italie en Suisse, Gian Lorenzo Cornado. Celui-ci a toutefois rappelé qu'il ne disposait d'aucun moyen juridique pour intervenir, tout en évoquant la possibilité d'une pétition destinée à exprimer publiquement leur opposition à une réouverture.
Une enquête loin d'être terminée
Cette polémique intervient alors que l'instruction pénale se poursuit. Le 5 juin dernier, Jessica Moretti a été entendue par les procureurs chargés du dossier. Selon les éléments rapportés par la presse suisse, elle a affirmé ne pas avoir eu conscience du danger que représentaient les bougies scintillantes utilisées lors de la soirée du Nouvel An. Ces dispositifs pyrotechniques sont aujourd'hui considérés comme étant à l'origine de l'incendie. À ce stade, aucune décision judiciaire n'empêche la réouverture des deux établissements. Les autorités communales de Lens assurent d'ailleurs examiner le dossier selon les procédures habituelles.
Droit à l'activité et mémoire des victimes
Au-delà de l'aspect judiciaire, cette affaire met en lumière une question plus sensible : celle du retour à la normale après une tragédie d'une telle ampleur. Pour les propriétaires, la réouverture de leurs restaurants relève de la poursuite de leur activité. Pour de nombreuses familles endeuillées, elle apparaît au contraire comme prématurée alors que les responsabilités restent à établir. La tension est donc vive entre le droit à l'activité économique et le respect de la mémoire des victimes.



