Crans-Montana : le chef des pompiers raconte son traumatisme six mois après
Crans-Montana : le chef des pompiers raconte son traumatisme

Six mois après le terrible incendie survenu le 1er janvier 2026 dans l'établissement de nuit Le Constellation à Crans-Montana, en Suisse, David Vocat, commandant des pompiers, livre un témoignage poignant au quotidien Libération. Il revient sur l'après-drame, marqué par des reproches, des cauchemars et une résilience difficile.

Un bilan humain lourd : 41 morts et 115 blessés

Le 1er janvier 2026, vers 1 h 30 du matin, un incendie ravage la boîte de nuit Le Constellation. Le bilan est terrible : 41 morts et 115 blessés, dont neuf Français. Le drame suscite une émotion considérable dans plusieurs pays et mobilise d'importants moyens de secours. David Vocat, chef des pompiers, est dépêché sur les lieux dès les premières minutes.

Arrivé rapidement après que des fontaines pyrotechniques fixées à des bouteilles de champagne ont enflammé la mousse acoustique du plafond, le soldat du feu est confronté à l'horreur. Il se souvient avoir « entassé les corps brûlés et asphyxiés au fond du Constellation ». Juste après le drame, il avait expliqué aux médias les arbitrages difficiles pour prioriser les victimes les plus susceptibles de survivre.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Des reproches et une mise en cause personnelle

Le 4 janvier, lors d'une messe hommage aux victimes, le pompier en chef, sous le choc, laisse échapper ses larmes. Cette émotion lui est vivement reprochée. « Un pompier, qui plus est un homme, ne devrait jamais s'effondrer... On m'a dit que j'étais une honte pour la nation », confie-t-il, amer. Il dit avoir été « blessé au cœur » par ces critiques.

Il a également été blessé par les reproches sur le temps d'intervention des secours, jugé trop long par certains, ou sur la défaillance du contrôle des installations, qui « ne faisait pas partie de notre job », précise-t-il. Six mois après, il décrit une vie de caserne « scrutée » et un « droit à l'erreur » inexistant.

Les séquelles psychologiques : cauchemars et flashs

David Vocat partage les séquelles psychologiques qui persistent. Il souffre de flashs d'images macabres de la nuit du 1er janvier et de cauchemars récurrents « dans lesquels ces jeunes ne sont pas morts mais juste endormis », rapporte Libération. Ces symptômes témoignent d'un traumatisme profond qui affecte encore sa vie quotidienne.

Les suites judiciaires et l'avenir du site

Dans cette affaire, les gérants du Constellation, Jacques et Jessica Moretti, un couple originaire de la région azuréenne, sont poursuivis pour « homicide par négligence ». Les investigations s'annoncent longues et fastidieuses. Par ailleurs, le bar incendié doit être transformé en un lieu dédié à la jeunesse, et ne sera « plus jamais un bar », selon les autorités locales.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale