Le tribunal judiciaire de Montpellier a rendu son verdict mercredi 29 avril 2026 dans l'affaire de l'agression violente survenue le samedi 25 avril dans le tramway, au niveau du quartier des Prés-d'Arènes. Un couple de sans-abri a été condamné à des peines de prison ferme pour avoir lynché et dépouillé un homme de 34 ans.
Les faits : une agression brutale en plein après-midi
Ce jour-là, la victime venait de monter dans la rame à l'arrêt Garcia-Lorca. Une simple réflexion de sa part aurait déclenché la fureur du groupe de quatre individus, deux hommes et deux femmes. L'homme a reçu une pluie de coups et de crachats, son téléphone a été volé, et il a résisté pour conserver sa sacoche. Les médecins légistes ont constaté plusieurs blessures : une bosse, des griffures, une plaie saignante au coude et dans le dos, des ecchymoses, et surtout, une trace sur le visage compatible avec l'empreinte d'une chaussure. La victime a été frappée alors qu'elle était à terre. Le bilan médical fait état de cinq jours d'incapacité totale de travail (ITT) et d'un fort trouble post-traumatique.
Le procès : précarité et violence
Deux des agresseurs, un couple vivant dans la rue, ont été jugés mercredi 29 avril pour violence aggravée, vol et tentative de vol. Lors des débats présidés par Aurélien Vitrac, l'avocat de la jeune femme a expliqué que sa cliente, confrontée quotidiennement au vol, aux insultes et aux agressions, avait vu dans l'incident du tramway la goutte d'eau de trop. L'agression s'est déroulée sur fond d'alcoolisation tout au long de l'après-midi. Les images de vidéoprotection montrent l'homme se jetant sur la victime, tandis que sa compagne lui crachait dessus. Un troisième individu, toujours non interpellé, a également porté des coups de pied. Le couple a soutenu que le vol du téléphone et la tentative de vol de la sacoche n'étaient pas leur intention initiale, un point mis en avant par leurs avocats.
Les peines prononcées
Le casier judiciaire du prévenu, déjà condamné à six reprises dont deux pour atteintes aux personnes, a pesé lourd dans la balance. La procureure Laure Bouvier a souligné la multiplicité et la violence des coups, portés en réunion dans un lieu de transport clos, entraînant d'importantes blessures. Elle a requis trois ans de prison ferme avec maintien en détention pour l'homme, et douze mois de prison pour sa compagne, également connue pour des faits de violence, en laissant au juge d'application des peines la possibilité d'un aménagement sous bracelet électronique. Les avocats de la défense ont plaidé la grande précarité de leurs clients, évoquant une vie de misère, une tente en périphérie de Montpellier et des repas pris dans des associations. L'avocat de l'homme a appelé à laisser une porte ouverte à la réinsertion, soulignant les soins en cours et la régularisation administrative. Le tribunal a finalement condamné le prévenu à trois ans de prison dont un an avec sursis probatoire pendant deux ans, avec obligation de soins et de recherche d'emploi, ainsi que d'indemniser la victime. Sa compagne écope de huit mois de prison, avec renvoi devant le juge d'application des peines pour un éventuel placement sous bracelet électronique.



