Eric Pessan : un roman furieusement original sur l'effondrement climatique
Eric Pessan : un roman original sur l'effondrement

Le romancier et poète Eric Pessan publie un texte de résistance sur l'effondrement silencieux de notre monde. Dans un entretien, il explique comment son roman « On ne verra pas les fleurs le long de la route » est né de préoccupations liées à la fin de la littérature, l'épuisement des ressources et la catastrophe climatique.

Un monde sans livres

Dans ce roman, la société a interdit le papier et écrire est devenu un acte de résistance. Pessan affirme : « Tout est lié, la fin de la littérature, l'épuisement des ressources, la catastrophe climatique. » L'effondrement écologique va de pair avec la perte de la lecture et de la pensée critique. Il dénonce le discours progressiste qui présente la disparition des livres comme un progrès écologique, alors qu'il s'agit d'un vieux mécanisme politique.

L'errance d'un couple d'activistes

Le récit suit un couple d'activistes fuyant ravages et incendies, refusant d'être complices de l'effondrement. Le narrateur et sa compagne mènent des actions concrètes contre le réchauffement planétaire, l'abrutissement ambiant et le pouvoir de la classe dominante. Pessan cite Ray Bradbury : « La disparition de la lecture ne se produira pas en interdisant les livres, mais lorsque plus personne ne trouvera intéressant de lire un livre. »

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Un procédé original : le centon

Pessan convoque plus de mille citations d'auteurs pour tisser le récit. Ce procédé du centon lui est venu comme une évidence : le narrateur, privé de littérature, raconte le monde à partir de la littérature. L'auteur a privilégié des auteurs vivants et contemporains pour éviter les citations célèbres et mettre l'accent sur la transmission.

Peu d'espoir, mais une histoire d'amour

Malgré le désespoir face à la situation, le roman n'est pas si sombre grâce à l'histoire d'amour qui unit les deux protagonistes et l'apaisement qu'ils trouvent à la fin. Pessan confie : « J'écris avec le monde dans lequel je vis, avec les inquiétudes qu'il me souffle. »

« On ne verra pas les fleurs le long de la route », éditions Aux Forges de Vulcain, 19 €, 208 pages.

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