Gard : un couple condamné pour trafic de codéine avec de fausses ordonnances
Couple condamné pour trafic de codéine avec fausses ordonnances

Un couple du Gard plonge dans l’addiction après une agression violente

Laurent A., 53 ans, et Lucas L., 40 ans, étaient déjà consommateurs de médicaments puissants, tels que des antalgiques et des anxiolytiques, avant de subir une agression brutale en 2017. Cet événement a marqué un tournant dramatique dans leur vie, les entraînant dans une spirale infernale de dépendance.

Des blessures graves et un combat contre la douleur

Lors de l’agression, Laurent a été victime d’une triple fracture de la mâchoire, nécessitant plusieurs interventions maxillo-faciales et entraînant trois mois de coma. Il a également subi un genou cassé et des vertèbres endommagées. Lucas, quant à lui, a été grièvement blessé. Les agresseurs ont été condamnés à neuf ans de prison par la cour d’appel de Nîmes. Pour soulager leurs souffrances physiques et psychologiques, les deux hommes ont augmenté de manière significative leur consommation de codéine, une substance classée comme produit stupéfiant lorsqu’elle est utilisée en excès.

Un système organisé de falsification d’ordonnances

Pour se procurer la codéine, Laurent falsifiait les ordonnances délivrées par les médecins qu’il consultait. Il modifiait les dates et ajoutait des mentions comme « à renouveler » pour multiplier les obtentions. Lucas était chargé de récupérer les médicaments dans les pharmacies du département, écumant ainsi des villes telles que Nîmes, Alès, Poulx, Chamborigaud, Bessèges et Marguerittes. Leur système a été démantelé lorsqu’un pharmacien, méfiant face à une ordonnance suspecte, a alerté les gendarmes.

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Une réponse judiciaire ferme et des circonstances atténuantes

Lors du procès, le procureur de la République d’Alès, Abdelkrim Grini, a requis sèchement 24 mois de prison, dont 18 avec sursis, pour Laurent, et une peine d’avertissement de deux ans de prison avec sursis pour Lucas. La défense de Lucas, assurée par Me Khadija Aoudia, a souligné les séquelles de l’agression, notant qu’il est aujourd’hui sous curatelle renforcée et qu’une expertise aurait été nécessaire pour évaluer son discernement. Le tribunal a partiellement suivi ces arguments, accordant une relaxe partielle. Laurent a été condamné à six mois de prison ferme, tandis que Lucas a écopé de la même peine, mais avec sursis.

Cette affaire met en lumière les risques de l’addiction aux médicaments opiacés et les conséquences judiciaires des falsifications d’ordonnances, tout en rappelant l’importance de prendre en compte le contexte traumatique des prévenus.

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