Christophe Guazzelli, fils de Jean Guazzelli, assassiné en 2017 en Corse, brise le silence. Dans un entretien exclusif, il raconte son combat acharné pour la vérité et la justice, face à un système qu'il juge défaillant. « Mon père mérite que la lumière soit faite sur sa mort », déclare-t-il, la voix chargée d'émotion.
Un assassinat qui bouleverse une famille
Jean Guazzelli, 62 ans, a été abattu de plusieurs balles le 23 mars 2017, devant son domicile à Ajaccio. Ce père de famille, entrepreneur respecté, était connu pour son engagement associatif. Son fils Christophe, alors âgé de 35 ans, a vu sa vie basculer. « Ce jour-là, tout s'est arrêté. J'ai perdu mon père, mais aussi mes repères », confie-t-il.
L'enquête, confiée à la police judiciaire d'Ajaccio, piétine depuis six ans. Aucun suspect n'a été interpellé à ce jour. Christophe Guazzelli dénonce une « enquête au ralenti » et un « manque de moyens ». Selon lui, des éléments cruciaux n'ont pas été exploités, comme des témoignages et des images de vidéosurveillance.
Un combat contre l'oubli
Déterminé, Christophe Guazzelli a décidé de se battre. Il a constitué partie civile et multiplie les démarches auprès des juges d'instruction. Il a également créé une association, « Justice pour Jean », afin de sensibiliser l'opinion publique et de recueillir des témoignages. « Je ne lâcherai rien. Mon père avait des choses à dire, et je suis là pour porter sa voix », affirme-t-il.
Ce combat lui a valu des menaces et des intimidations. « On m'a conseillé de laisser tomber, mais je refuse de me taire. La vérité finira par éclater », ajoute-t-il, déterminé. Il a d'ailleurs signalé ces menaces aux autorités, qui ont ouvert une enquête.
Un système judiciaire pointé du doigt
Christophe Guazzelli critique ouvertement le système judiciaire corse. Il évoque des « pressions » et des « conflits d'intérêts » qui entraveraient l'enquête. « En Corse, tout le monde se connaît. Il faut une volonté politique réelle pour que la justice soit rendue », estime-t-il. Il demande la saisine de la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Marseille, spécialisée dans la criminalité organisée.
Cette demande a été rejetée par le parquet d'Ajaccio, ce que Christophe Guazzelli conteste. « C'est une aberration. Mon père a été tué par des professionnels, et on refuse de voir la réalité », dénonce-t-il. Il a donc saisi la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Bastia.
L'espoir d'un nouveau procès
En attendant, Christophe Guazzelli reste mobilisé. Il espère que la récente création d'un pôle cold case au parquet de Nanterre, spécialisé dans les affaires non élucidées, pourrait aider. « C'est une lueur d'espoir. Peut-être que mon père aura enfin droit à la justice », confie-t-il.
Il appelle également les témoins à se manifester. « Chaque détail compte. Si vous savez quelque chose, parlez. C'est votre devoir civique », lance-t-il. Il a d'ailleurs lancé un appel à témoins via les réseaux sociaux, qui a été partagé des milliers de fois.
Un hommage permanent
Pour Christophe Guazzelli, ce combat est aussi un hommage à son père. « Il était un homme intègre, aimé de tous. Il mérite que la vérité soit dite », souligne-t-il. Il a prévu d'organiser une marche blanche à Ajaccio le 23 mars prochain, pour le sixième anniversaire de l'assassinat.
« Je veux que les gens se souviennent. Mon père n'est pas un simple dossier, c'était un être humain », conclut-il, la voix serrée. Son combat, il le mènera jusqu'au bout, pour lui, pour sa famille, et pour la mémoire de Jean Guazzelli.



