Dans sa chronique humoristique sur France Inter, Sophia Aram s'est emparée de l'affaire dite du « Chickengate » à Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis. Elle y dénonce une polémique qu'elle juge disproportionnée et révélatrice d'un double discours politique sur les questions de racisme et de laïcité.
Le « Master Poulet » au cœur de la controverse
L'affaire concerne un établissement de restauration rapide de Saint-Ouen, surnommé « Master Poulet », qui a fait l'objet d'une vive polémique après la diffusion d'une vidéo montrant le gérant interpeller un client noir en ces termes : « Tu n'es pas un vrai Noir, tu ne manges pas de poulet. » Selon Sophia Aram, cet incident a été instrumentalisé par certains responsables politiques pour stigmatiser une communauté.
La chroniqueuse rapporte qu'un élu local, le maire de Saint-Ouen, Karim Bouamrane, a réagi en condamnant fermement ces propos, les qualifiant de « racistes et inacceptables ». Cependant, Sophia Aram souligne que d'autres voix, notamment à l'extrême droite, ont utilisé cette affaire pour attaquer la communauté noire et les quartiers populaires.
Une polémique révélatrice selon Sophia Aram
Sophia Aram estime que le « Chickengate » illustre une forme de « racisme anti-Noirs » banalisé en France, mais aussi un « deux poids, deux mesures » dans le traitement médiatique et politique. Elle cite l'exemple de la polémique autour du voile islamique, où les mêmes acteurs politiques seraient, selon elle, bien plus discrets.
« Quand il s'agit de pointer du doigt les Noirs, on est tous très courageux, mais quand il s'agit de défendre la laïcité contre les dérives communautaristes de certains musulmans, on fait les autruches », ironise-t-elle dans sa chronique. La comédienne ajoute que le gérant du « Master Poulet » a présenté ses excuses, mais que la polémique a déjà fait des dégâts, renforçant les stéréotypes.
Un appel à la nuance et à la responsabilité
Sophia Aram conclut en appelant à ne pas réduire cette affaire à un simple fait divers, mais à en tirer des leçons sur les préjugés et la responsabilité des médias et des politiques. Elle rappelle que Saint-Ouen est une ville diverse, où cohabitent de nombreuses communautés, et que ce type de polémique nuit à la cohésion sociale.
« Le vrai problème, ce n'est pas le poulet, c'est le racisme ordinaire qui, lui, ne fait pas rire », lance-t-elle, avant de souligner que la meilleure réponse est le dialogue et l'éducation, plutôt que l'instrumentalisation politique. La chronique, diffusée le 7 mars 2025, a suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, partagée entre soutiens et critiques.



