Chef de police de Frontignan déchu de ses prérogatives et poussé vers la sortie
Chef de police de Frontignan déchu de ses prérogatives

Le chef de la police municipale de Frontignan, recruté en mai 2024 pour restructurer un service en souffrance, se dit victime d'une injustice après avoir été convoqué en conseil de discipline pour insuffisance professionnelle. La Ville a été déboutée, mais son poste est supprimé. Il dénonce une mise au placard et une destruction de sa carrière.

Un recrutement pour restructurer

La Ville de Frontignan avait recruté ce fonctionnaire de 54 ans, ancien militaire et fort de 18 ans d'expérience dans la police municipale, pour réorganiser un service en difficulté. Dès son arrivée, il constate des dysfonctionnements : matériel vétuste (radios de 17 ans, manque de munitions, armes obsolètes), effectifs insuffisants, et des heures supplémentaires excessives (près de 2 000 heures par an pour 25 agents).

Un nouvel organigramme validé par le maire

En mai 2024, le chef de police propose un nouvel organigramme pour renforcer les brigades de nuit et le week-end, avec au moins trois agents armés en permanence, des astreintes rémunérées, et de nouvelles missions pour la vidéoprotection. Le document est signé par le maire Michel Arrouy et le directeur général des services adjoint. Mais dès le lendemain, la DRH demande à retravailler l'organigramme, ce que le chef de police refuse, arguant que le maire a déjà validé.

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La bronca des agents et le préavis de grève

Le 30 mai 2024, la présentation du nouveau fonctionnement aux équipes provoque une bronca. Des agents refusent la nouvelle grille horaire. Le syndicat FO dépose un préavis de grève le 19 juillet pour réclamer des moyens et une remise à plat des décisions. Le maire reproche alors au chef de police d'avoir attisé les craintes et de ne pas avoir écouté les agents.

Mise à l'écart et procédure disciplinaire

Dès juillet 2024, le chef de police est convoqué par la DGS et la DRH, puis écarté de ses fonctions. Il perd l'accès à la voie publique, à la gestion du planning et du budget. En octobre 2025, il est traduit en conseil de discipline pour licenciement, mais la Ville est déboutée. En mai 2026, la direction générale annonce la suppression de son poste, validée en CST.

Le maire évoque une non-compatibilité

Contacté, le maire Michel Arrouy déclare : « Comme partout, quand il y a des insuffisances, il peut y avoir un certain nombre de tensions. L’été 2024, un mois après son arrivée, il a voulu tout changer du jour au lendemain, sans en informer l’autorité territoriale, ce qui a amené une menace de grève généralisée. » Il évoque une « non compatibilité » et refuse de commenter la situation individuelle de l'agent.

Recours en justice

Le chef de police a saisi le tribunal administratif en juillet 2025 pour faire annuler sa nouvelle lettre de mission. La CFDT, qui le défend, a également saisi le parquet de Montpellier en juin 2026 via un article 40. « J’ai perdu 16 kg, aujourd’hui je vais au travail comme en prison. On a détruit ma carrière professionnelle », confie-t-il.

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