Chat torturé à Montauroux : l'affaire classée sans suite
Chat torturé à Montauroux : l'affaire classée sans suite

Le 16 janvier dernier, Annick et Gérard, un couple de retraités installé depuis 2020 dans un lotissement cossu à l’écart du village de Montauroux, font une découverte bouleversante. Leur chat Zéphyr, un Ragdoll âgé de seulement 22 mois, gît agonisant dans le jardin d’une voisine nonagénaire. L’animal a été torturé. D’après le couple, il a agonisé une journée entière avant d’être retrouvé. Malgré l’intervention des vétérinaires de la clinique Ric et Rac, au Cannet (Alpes-Maritimes), Zéphyr ne survivra pas à ses blessures.

Sept mois ont passé, mais la douleur reste intacte. Le couple dépose plainte immédiatement, et le parquet de Draguignan ouvre une enquête. Mais au début du mois de juin, le procureur Pierre Couttenier annonce le classement sans suite de l’affaire. Dans un courrier adressé aux propriétaires, il précise : « Malgré les diligences accomplies, les investigations n’ont malheureusement pas permis d’identifier avec certitude l’auteur de ces faits. »

Des lésions révélatrices d’un acte répété

Pour tenter de comprendre l’acharnement dont a été victime leur compagnon, Annick et Gérard ont sollicité un vétérinaire expert près la cour d’appel d’Aix-en-Provence. Son complément d’expertise est accablant. Certaines blessures, mortelles, ont été réalisées « à l’aide d’un instrument contondant non tranchant pouvant avoir été introduit dans l’anus et activement malaxé jusqu’à arracher les ligaments de l’attache de la queue ». L’expert, qui confie n’avoir jamais vu de telles blessures de toute sa carrière, en tire une conclusion : « La personne qui a fait ça n’en est pas à son coup d’essai. »

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Annick, encore sous le choc, livre son récit : « On l’a ensuite saisi par la queue et fait tournoyer avant de le balancer dans le jardin de notre voisine nonagénaire. Zéphyr a essayé de rejoindre notre maison, mais il était trop faible. » Le couple a d’ailleurs réalisé une illustration afin de recenser l’ensemble des blessures constatées sur l’animal, un document accablant qui montre l’étendue des sévices.

Une enquête jugée insuffisante par les maîtres de Zéphyr

Le couple ne décolère pas. « Je suis écœurée, confie Annick. La gendarmerie n’a même pas effectué d’enquête de voisinage… Je comprends qu’ils ont d’autres dossiers plus importants à gérer, mais bien souvent, les futurs tueurs commencent par s’en prendre aux animaux. La « référente animaux » à la gendarmerie de Fayence n’était même pas au courant de notre histoire, c’est dire l’intérêt qu’ils portent à ce genre d’affaire. »

Épaulés par Me Isabelle Terrin, avocate spécialisée dans la défense de la cause animale, Annick et Gérard ont demandé la copie du dossier pénal afin de vérifier, notamment, que les expertises ADN ont bien été effectuées. Ils espèrent aussi que le procureur général Franck Rastoul, qui a créé en novembre 2024 la cellule de lutte contre la maltraitance animale coordonnant la politique pénale sur le ressort de la cour d’appel, se saisisse du dossier. Pour l’heure, aucune suite n’a été donnée à leur demande.

Une pétition forte de 62 000 signatures

Dès le début de l’affaire, Annick et Gérard ont lancé une pétition en ligne intitulée « Justice pour Zéphyr ». Celle-ci a recueilli plus de 62 000 signatures, preuve de l’émotion suscitée par ce drame. Aujourd’hui, Annick veut transformer sa colère en action. Elle s’apprête à créer l’association « Zéphyr, protection et défense des sans voix ».

« Je ne veux pas que Zéphyr soit mort pour rien, explique-t-elle. L’objectif de cette association sera de mener des actions d’éducation et de sensibilisation auprès des enfants afin de lutter contre la maltraitance animale. À notre petit niveau, nous voulons faire changer les mentalités. Les animaux ressentent la peur, la douleur, la joie. Ce ne sont pas des objets, ce sont des êtres vivants. »

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