Au moins quinze jeunes Marocains sont morts noyés depuis le début du mois de juillet en tentant de rejoindre l'enclave espagnole de Ceuta à la nage, selon des associations locales qui dénoncent un phénomène en hausse. Les corps de plusieurs d'entre eux ont été repêchés sur les plages de la région, tandis que d'autres restent portés disparus.
Des traversées de plus en plus dangereuses
Les candidats à la migration tentent de contourner les barrières frontalières en longeant la côte, malgré les courants forts et les eaux froides. « On est en train de perdre notre jeunesse », a déclaré à l'AFP un pêcheur de Fnideq, ville voisine de Ceuta, qui a participé aux recherches. Selon lui, les jeunes sont prêts à tout pour fuir le chômage et le manque d'avenir.
Les autorités marocaines ont renforcé la surveillance des plages, mais les départs continuent. Les associations locales appellent à une prise de conscience et à des alternatives concrètes pour ces jeunes, qui risquent leur vie pour un avenir meilleur.
Un drame humain et social
Les familles des victimes, souvent démunies, réclament des comptes et une meilleure information sur les dangers. « Ces jeunes ne mesurent pas le risque », explique un membre d'une ONG locale. La région du Nord, marquée par un taux de chômage élevé, est particulièrement touchée.
Le phénomène s'est intensifié ces dernières semaines, coïncidant avec les vacances d'été et la fermeture des frontières terrestres. Les réseaux sociaux jouent un rôle dans l'incitation, montrant des traversées réussies, sans montrer les drames.
Des solutions attendues
Les associations demandent des programmes d'emploi et de formation pour les jeunes, ainsi qu'une coopération renforcée entre le Maroc et l'Espagne pour lutter contre les filières d'immigration clandestine. Elles insistent sur la nécessité de traiter les causes profondes de ces départs.
Le bilan humain pourrait s'alourdir dans les prochains jours, alors que plusieurs corps n'ont pas encore été identifiés. Les autorités marocaines ont promis une enquête, mais les familles attendent des actes concrets pour éviter de nouveaux drames.



