Caussols : un habitant privé d'électricité depuis deux ans malgré ses demandes
Caussols : privé d'électricité depuis deux ans

Depuis son emménagement en 2024 dans un chalet à Caussols, Rodolfo Rossi se heurte à un refus systématique de ses demandes de raccordement à l'électricité. Que ce soit en aérien ou en souterrain, toutes ses tentatives sont rejetées par la Commission départementale de la nature, des paysages et des sites (CDNPS). Ce père de famille doit vivre sans électricité au quotidien, avec des générateurs qui tombent fréquemment en panne.

Un projet de raccordement qui tourne au cauchemar

En 2023, Rodolfo Rossi achète un petit chalet en bordure de la RD 12 à Caussols. L'ancien propriétaire lui assure qu'un raccordement électrique est possible, bien que coûteux. Il sollicite alors le Sictiam (Syndicat mixte d'ingénierie pour les collectivités et territoires innovants des Alpes et de la Méditerranée) et obtient un devis de près de 15 000 euros pour un raccordement aérien. Il signe et emménage début 2024 dans cette zone boisée, classée site pittoresque depuis 2016.

Mais son dossier se bloque. La CDNPS refuse le projet car elle ne souhaite plus de lignes aériennes dans les sites classés, conformément à l'article L.341-11 du code de l'environnement. Une solution souterraine est alors proposée : une tranchée partant d'un poteau de l'autre côté de la route, traversant des zones rocailleuses. Le devis s'élève à 50 000 euros. De plus, la propriétaire du terrain voisin refuse d'accorder une servitude.

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Des solutions aériennes et souterraines impossibles

Rodolfo Rossi estime que l'aérien reste la solution la plus simple, car des poteaux sont déjà en place et soutiennent son câble Internet. « Pour l'électricité, ils peuvent me changer les poteaux s'ils veulent, mais le corridor existe déjà », explique-t-il. Mais la préfecture rappelle que dans les sites classés, les nouveaux réseaux électriques doivent être enfouis, et qu'aucun motif dérogatoire ne semble exister dans son cas.

Quant à la voie souterraine, elle se heurte à des difficultés techniques et financières. La tranchée proposée passerait sous un chemin médiéval (voie romaine), mais la préfecture indique qu'aucune protection particulière ne permet d'en reconnaître la valeur patrimoniale, et que l'enfouissement reste possible en dehors de l'emprise du chemin ou via des servitudes.

Un quotidien sans électricité, des économies épuisées

Faute de solution, Rodolfo vit sans électricité avec ses enfants. Il utilise deux générateurs, mais ceux-ci tombent régulièrement en panne. « Mes enfants n'ont pas de PlayStation, parce que ça consomme trop, ni d'ordinateur. Je n'ai même pas de machine à laver. C'est pas mal de logistique, il faut tout calculer : si on veut se servir du micro-onde, de la poêle… », témoigne-t-il.

Cette situation grignote ses économies : « Quand j'ai emménagé ici, j'avais à peu près 10 000, 15 000 euros de côté… Maintenant je n'ai plus rien. » Il lance un appel à l'aide : « Ce que j'aimerais, c'est qu'il y en ait qui m'entendent, qu'ils fassent une dérogation… Juste, j'aimerais avoir l'électricité, car au quotidien, avoir à gérer cette absence, c'est pesant. »

La préfecture maintient sa position

La préfecture des Alpes-Maritimes explique que l'aérien est impossible pour des contraintes réglementaires, et que l'enfouissement sur fonds privés reste la seule option. Elle précise que le coût élevé n'est pas un motif dérogatoire, et que des procédures existent pour établir une servitude si nécessaire. « Il convient donc que les acteurs, notamment propriétaires, opérateur et élus, se concertent afin de faire émerger une solution consensuelle », conclut la préfecture.

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