Quatre policiers municipaux de Carcassonne ont été suspendus et une enquête du parquet ouverte après la diffusion d'une vidéo choc, révélée par Midi Libre, où l'on entend des insultes racistes comme « bicots », « bougnoules », « nègres » ou « singes », ainsi que des moqueries sur la torture durant la guerre d'Algérie et des théories complotistes visant Brigitte Macron. L'agent principal, également membre du service d'ordre du Rassemblement national, a été exclu du parti. Le maire RN Christophe Barthès a qualifié ces propos d'« à vomir et inexcusables ».
Une ville sous le choc
Dans les rues de la cité médiévale, les réactions sont vives. Un groupe d'étudiantes arrivées depuis une semaine pour leur IUT exprime son malaise : « C'est super chaud. Si c'était dans une comédie, on n'y croirait pas », lance l'une d'elles. Une autre ajoute : « C'est super grave. Le mec est en roue libre, c'est vraiment une caricature ».
Younes, 43 ans, se dit « insulté » en tant que « citoyen lambda ». Il confie : « On se doutait tous de ce qui se passait, mais avec les preuves vidéo, au moins, on ne passe plus pour des fous. » Il poursuit : « Ils me détestent juste parce que je suis arabe. »
Entre colère et soutien assumé
Trois commerçantes du centre-ville ne décolèrent pas. « C'est super violent. La vidéo dure longtemps, ça crache sur tout le monde », s'indigne l'une. Sa collègue ajoute : « C'est presque normal venant de la police. On est choquées mais pas étonnées. » Elles cherchent à comprendre : « C'est quelqu'un de gradé qui tient des propos qui génèrent un effet de groupe et derrière de la violence. »
Mais le discours est loin d'être unanime. Gilbert, un habitant, assume : « Il dit ce que tout le monde pense tout bas. Je le soutiens totalement. Il faut arrêter avec la langue de bois. » Chantal, retraitée, minimise : « On en fait tout un foin pour pas grand-chose. Le policier a été suspendu, il a été assez puni. »
Lassitude et priorités
Beaucoup expriment une fatigue face à la pression médiatique. Nathalie et son fils Chris déplorent : « Depuis que le maire RN est arrivé, on a une loupe sur nous. » Chris ajoute : « C'est très bien que le policier ait été puni, mais on paie quand même l'essence très cher, on ne termine pas nos fins de mois… Il y a d'autres priorités. »
Les commerçants, eux, veulent préserver l'activité touristique. Le patron d'un débit de boissons relativise : « Ça donne une mauvaise image de la mairie alors que la vidéo a été tournée avant l'arrivée de M. Barthès. Il faut passer à autre chose. C'est un cas isolé. »



