Une caravane abandonnée depuis plusieurs semaines au croisement des routes départementales D71 et D90, entre Trigance et Comps-sur-Artuby dans le Var, n'a toujours pas été enlevée malgré de multiples signalements. Elle représente un risque sérieux d'incendie en raison de sa proximité avec les bois et de son occupation régulière par des personnes qui y fument et y allument des bougies.
Une caravane signalée mais toujours en place
La caravane, dont la plaque d'immatriculation a été retirée, est immobilisée au cœur du Parc naturel régional du Verdon. Selon des témoins, elle a été signalée à plusieurs reprises à la gendarmerie, aux services routiers, au parc naturel et aux collectivités locales, sans résultat. La municipalité de Trigance affirme avoir effectué deux signalements auprès de la gendarmerie.
« La première fois, il nous a été indiqué que le propriétaire pourrait peut-être être retrouvé grâce au numéro de châssis. Depuis, nous n'avons plus eu de nouvelles », regrette Christian Varagnac, premier adjoint au maire de Trigance.
Un risque d'incendie majeur en zone boisée
Claude Hermellin, garde particulier des bois intervenant notamment pour la société de chasse, a également alerté les services. Il s'inquiète du déplacement progressif de la caravane vers la chaussée : « Elle est maintenant au bord même de la route. Bientôt, elle pourrait se retrouver au milieu », prévient-il.
Au-delà de l'impact visuel, c'est la sécurité qui inquiète. La caravane serait régulièrement occupée par des jeunes, des campeurs de passage ou des personnes cherchant un abri pour la nuit. À l'intérieur, des matelas, des bougies et des allumettes ont été découverts. Un cendrier rempli de mégots confirme que des occupants y fument. Dans un secteur boisé particulièrement vulnérable durant l'été, une cigarette mal éteinte ou une bougie renversée pourrait avoir des conséquences dramatiques.
Une responsabilité floue entre les services
La question de savoir qui doit intervenir reste en suspens. Le premier responsable est celui qui a abandonné la caravane, mais après plusieurs semaines et de nombreux signalements, les services concernés ne se sont pas encore manifestés. La gendarmerie doit-elle identifier le propriétaire ? Le gestionnaire de la route doit-il sécuriser les lieux ? La commune peut-elle intervenir sur une voie qui ne relève pas de sa compétence ?
« Il faut absolument réagir et enlever cette caravane. Il faut qu'elle dégage et rapidement », insiste Christian Varagnac. En attendant une réponse claire, la caravane reste en place, constituant une pollution visuelle sur un itinéraire fréquenté par les visiteurs du parc du Verdon, un possible danger pour la circulation et surtout une menace à proximité immédiate de la forêt.
Ce que dit la loi
Abandonner une caravane hors d'usage au bord d'une route, d'un chemin ou dans un espace naturel peut être assimilé à un dépôt sauvage de déchets. Son propriétaire s'expose à une amende pouvant atteindre 1.500 euros, voire davantage en cas de récidive. Il peut également devoir prendre en charge les frais d'enlèvement, de mise en fourrière, de gardiennage et, si nécessaire, de destruction.
Un stationnement prolongé sur la voie publique peut aussi être sanctionné et entraîner l'enlèvement du véhicule. Cependant, dans le cas de cette caravane, il reste impossible d'affirmer qu'elle a été volontairement abandonnée. Elle pourrait avoir été volée, déplacée puis laissée sur place. Le retrait de la plaque d'immatriculation complique les recherches, mais le numéro de châssis peut permettre de retrouver son origine et d'identifier son propriétaire.
Les services concernés doivent agir rapidement, avant qu'une simple imprudence ne transforme cette affaire en véritable catastrophe. Toute personne disposant d'informations utiles est invitée à les transmettre à la gendarmerie.



