Béziers : une mère de famille jugée pour complicité de narcobanditisme
Béziers : une mère jugée pour complicité de narcobanditisme

Noura, 35 ans, mère de quatre enfants mineurs, est soupçonnée d'avoir aidé à deux reprises des malfaiteurs originaires du Vaucluse à attaquer le point de deal de La Devèze, quartier sensible de Béziers. Incarcérée depuis janvier 2025, elle a demandé mardi 8 septembre à la cour d'appel de Montpellier sa libération, alors qu'elle est mise en examen pour complicité dans deux tentatives de meurtre, commises en bande organisée. La décision sera rendue le 17 septembre.

Une attaque meurtrière en mai 2024

Le 9 mai 2024, plusieurs individus débarquent et s'en prennent aux charbonneurs sur place. « Ça a mal tourné, ça a gazé, ça a fusillé, un ami de la victime, au volant, a voulu faire peur et l'a écrasé », rappelle la présidente de la cour. Zidane Hadj, 21 ans, recherché par ailleurs pour une tentative de meurtre à Arles, meurt sur place et ses deux comparses repartent.

Dans la poche du défunt, les policiers découvrent la clé d'une camionnette, identifiée par la suite comme ayant été louée par Noura, sa petite amie depuis peu. Son nom ressort également dans une seconde tentative de meurtre, similaire, dans la nuit du 8 au 9 octobre, où un habitant du quartier sera légèrement blessé par des tirs, lors d'une fusillade provoquée par deux hommes descendus d'une voiture avec une kalachnikov.

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Des liaisons amoureuses avec les suspects

Là encore, elle aurait eu une liaison avec l'un des suspects, arrêtés ensuite par la PJ de Montpellier, également originaires du Vaucluse, et soupçonnés d'avoir été envoyés par des proches de la DZ Mafia pour s'implanter en Biterrois. Dans cette enquête, plusieurs jeunes femmes ont été mises en cause, pour avoir participé contre rémunération à des « missions », repérages, transports, pose de tracker sur des véhicules, capitales pour l'organisation des attaques.

« On vous reproche d'avoir convoyé les malfaiteurs à plusieurs reprises et de les avoir logés avant et après les faits. Ils disent aussi que vous les avez aidés à entreposer des armes dans une des chambres de l'appartement », rappelle la magistrate.

Une femme vulnérable selon sa défense

Battue par son mari en Alsace, reconnue en situation de handicap à cause de sa dépression, Noura pleure dans le box. « Mes enfants sont très très malheureux, surtout mon dernier, qui ne va pas bien et pense que je les ai abandonnés. Le fait de ne pas être avec eux pendant plus d'un an c'est ma plus grosse punition. »

Le parquet général s'oppose à toute remise en liberté. Son avocat, Me Marc Gallix, évoque « une femme détruite, vulnérable et faible, qui ne représente aucun danger. Les méchants, ce sont les autres », dit-il en désignant les trafiquants qui se seraient servis d'elle. La cour d'appel rendra sa décision le 17 septembre.

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