La Ville de Béziers consacre 108 348 € par an à la corrida, selon un rapport municipal. Cette somme, versée à la société Betarra, gestionnaire des arènes, couvre notamment la communication et la préparation des pistes. Le Comité de liaison biterrois pour l'abolition de la corrida (Colbac) exige un débat public sur l'utilisation de ces fonds.
Un soutien financier important révélé par un rapport
Le rapport, rédigé par la mairie, détaille les moyens alloués à la tauromachie. Il fait suite à une recommandation de la Chambre régionale des comptes, qui demandait plus de transparence sur le soutien public à la corrida. La mairie a donc évalué la valeur des moyens municipaux mis à disposition, après déduction des prêts de matériel pour des événements non tauromachiques.
Les chiffres clés du rapport : 31 507,82 € pour la conception des affiches et la communication, et 25 530,86 € pour la préparation de la piste avant et pendant la Feria. Ces dépenses s'ajoutent à d'autres, portant le total à 108 348 € par an.
Le Colbac dénonce un manque de transparence et réclame un débat
Le Colbac regrette que ces chiffres n'aient pas été divulgués plus tôt. Sa présidente, Sophie Maffre-Baugé, déclare : « Cette révélation renforce la nécessité d'un débat public sur l'utilisation de l'argent public pour soutenir la corrida à Béziers. »
De son côté, la mairie assume pleinement ce soutien. Stéphanie Sandanoto, directrice adjointe aux services techniques, justifie : « La ville considère que la corrida et la Feria sont sources d'attractivité. La tauromachie est une tradition, et la Ville défend les traditions. »
Un débat récurrent sur l'argent public et la corrida
Ce n'est pas la première fois que le financement public de la corrida est contesté à Béziers. Des associations anti-corrida, comme le Colbac, pointent régulièrement du doigt l'utilisation de fonds publics pour une pratique qu'elles jugent cruelle. En 2024, déjà, des manifestations avaient eu lieu lors de la Feria.
Le débat s'inscrit dans un contexte national où plusieurs villes françaises, comme Paris, ont interdit la corrida ou réduit leur soutien. Cependant, dans le sud de la France, la tradition reste forte, et les élus locaux défendent souvent cette pratique comme un élément clé de l'attractivité touristique et culturelle.
Quel avenir pour la corrida à Béziers ?
Le rapport de la mairie pourrait relancer les discussions au conseil municipal. Les opposants à la corrida espèrent que la transparence accrue mènera à une remise en question du financement. Les défenseurs de la tauromachie, eux, estiment que cet argent est un investissement pour l'économie locale, notamment via la Feria qui attire des milliers de visiteurs chaque année.
En attendant, le Colbac compte bien poursuivre son combat. L'association prévoit de nouvelles actions de sensibilisation et de mobilisation, notamment lors des prochaines ferias. La question reste ouverte : l'argent public doit-il financer une pratique controversée ?



