En 1976, Georges Brassens écrivait « Montélimar », une chanson qui dénonçait l'abandon des animaux de compagnie sur les bords des routes pendant l'été. Un demi-siècle plus tard, ce phénomène reste malheureusement d'actualité. La SPA estime qu'en 2025, plus de 40 000 animaux ont été abandonnés en France, un chiffre qui ne faiblit pas malgré les campagnes de sensibilisation.
Un engagement méconnu de Brassens
On connaît Brassens l'anarchiste, le poète tendre et paillard. Mais on ignore souvent son attention particulière envers les animaux, surtout ceux qui souffrent. Dès 1952, il met en musique « le Petit Cheval », un poème de Paul Fort qui raconte la vie difficile d'un cheval blanc maltraité. Puis en 1954, « la Cane de Jeanne » évoque la mort d'une cane emportée par un rhume après avoir pondu un œuf, une manière de sensibiliser à la fragilité des créatures.
« Montélimar » : un cri d'alarme visionnaire
C'est en 1976 que Brassens va plus loin avec « Montélimar ». La chanson dénonce un phénomène que les médias commencent à peine à évoquer : l'abandon des animaux en bord de route durant les vacances. Le choix de Montélimar n'est pas anodin : c'est une étape prisée des vacanciers en route vers le sud, et un lieu symbolique de ces abandons. Brassens, avec son humour grinçant, y décrit la triste réalité de ces bêtes laissées à leur sort.
Un fléau qui persiste en 2026
En 2026, la chanson de Brassens résonne encore. Chaque été, les refuges se remplissent et les associations tirent la sonnette d'alarme. Selon la SPA, les abandons augmentent de 30 % pendant la période estivale. Les raisons invoquées sont souvent les vacances, le coût des soins, ou encore les comportements non maîtrisés des animaux. Malgré les lois renforcées et les campagnes de stérilisation, le problème demeure.
Un message toujours nécessaire
« Montélimar » reste un appel à la responsabilité. Comme le souligne le journaliste Arnaud Gonzague, « Brassens avait tout compris : l'abandon n'est pas un acte anodin, c'est une trahison envers des êtres qui nous font confiance ». La chanson, bien que datée, garde une pertinence saisissante. Elle nous rappelle que posséder un animal est un engagement de toute une vie, et que l'été ne doit pas rimer avec délaissement.
Alors que les départs en vacances se profilent, il est essentiel de se souvenir des paroles de Brassens. Adopter un animal, c'est l'assumer en toutes circonstances. Si vous ne pouvez pas l'emmener, il existe des solutions comme les pensions ou les gardes à domicile. Abandonner, c'est condamner à une mort certaine ou à une vie de souffrance. Cinquante ans après, le message de Brassens n'a pas pris une ride.



