Jacques Bouthier : procès requis pour traite et viols
Bouthier : procès requis pour traite et viols

Le parquet de Paris a requis, jeudi 21 août, le renvoi en procès de Jacques Bouthier, ancien président du directoire du groupe de prêt-à-porter Beaumanoir, pour des faits de traite d'êtres humains et de viols sur mineur. Cette information a été confirmée par une source judiciaire, alors que l'enquête, ouverte en 2021, a mis au jour des accusations graves portées par plusieurs anciennes employées de l'entreprise.

Des accusations multiples et concordantes

Selon les éléments de l'enquête, Jacques Bouthier est soupçonné d'avoir commis ces faits entre 2009 et 2016, dans le cadre de ses fonctions. Les victimes présumées, toutes d'anciennes salariées ou stagiaires de l'entreprise, décrivent des agressions sexuelles et des viols, ainsi qu'un système de traite visant à les recruter et à les maintenir sous sa domination. L'une d'elles, qui a déposé plainte en 2021, a déclaré avoir été agressée alors qu'elle était mineure, ce qui a conduit à la qualification de viols sur mineur.

L'enquête, menée par les policiers de la brigade de protection des mineurs, a permis d'identifier au moins six victimes présumées. Les auditions ont révélé des modes opératoires similaires : des invitations à des déplacements professionnels, des pressions psychologiques et des menaces de licenciement en cas de refus. Ces éléments ont conduit le parquet à requérir un procès devant la cour criminelle départementale, une juridiction compétente pour les viols commis hors la présence d'un mineur de 15 ans.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un signalement interne et des plaintes tardives

L'affaire a éclaté en 2021, lorsqu'une ancienne salariée a adressé un signalement à la cellule d'écoute interne du groupe Beaumanoir, dénonçant des faits de harcèlement sexuel et de viol. Ce signalement a été transmis au parquet de Paris, qui a ouvert une enquête préliminaire, confiée à la brigade de protection des mineurs. Par la suite, d'autres femmes ont décidé de porter plainte, certaines après avoir pris connaissance des révélations publiques.

Jacques Bouthier, qui a quitté ses fonctions en 2016, a toujours nié les faits. Son avocat, Me François Esclatine, a indiqué que son client conteste formellement les accusations et qu'il fera valoir sa défense devant la justice. Selon lui, les relations décrites étaient consenties et aucune contrainte n'a été exercée. Le parquet, lui, estime que les éléments recueillis sont suffisants pour justifier un procès.

Une procédure en cours, un procès à venir

La décision finale d'organiser un procès appartient désormais au juge d'instruction, qui doit rendre son ordonnance de mise en accusation. Si elle est conforme aux réquisitions, Jacques Bouthier sera jugé pour traite d'êtres humains, viols sur mineur et viols commis par une personne ayant autorité. Ces infractions sont passibles de lourdes peines, allant jusqu'à vingt ans de réclusion criminelle pour les viols sur mineur.

Le groupe Beaumanoir, qui possède notamment les marques Cache Cache, Patrice Bréal et Bonobo, n'a pas commenté publiquement ces développements. L'entreprise avait toutefois indiqué, lors de la révélation de l'affaire, avoir mis en place une cellule d'écoute et avoir renforcé ses procédures internes de signalement. Les victimes présumées, elles, attendent désormais que la justice fixe la date du procès, qui pourrait se tenir dans les prochains mois.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale