Le comité de soutien à Boualem Sansal, l'écrivain franco-algérien détenu en Algérie depuis novembre 2024, a lancé un appel pressant à un changement de méthode. Dans un communiqué publié jeudi 17 juillet 2025, les membres du comité estiment que les actions menées jusqu'à présent n'ont pas produit les résultats escomptés et appellent à une mobilisation plus forte et plus visible.
Un appel à la mobilisation générale
Le comité, qui regroupe des écrivains, des éditeurs et des personnalités du monde culturel, déplore que la situation de Boualem Sansal reste bloquée. Malgré les multiples appels à sa libération lancés par des personnalités françaises et internationales, l'écrivain est toujours incarcéré à l'hôpital de Blida, où il a été transféré pour des raisons de santé. Le comité souligne que les démarches diplomatiques n'ont pas abouti et qu'il est temps de changer d'approche.
« Nous ne pouvons pas nous contenter de déclarations et de pétitions. Il faut des actions concrètes, des mobilisations de rue, des prises de position politiques fortes », a déclaré un porte-parole du comité. Selon lui, la communauté internationale doit faire pression sur le gouvernement algérien pour obtenir une libération rapide.
Un écrivain en danger
Boualem Sansal, âgé de 76 ans, est un écrivain majeur de la littérature francophone, connu pour ses positions critiques envers le régime algérien. Il a été arrêté à son arrivée à Alger en novembre 2024, alors qu'il venait de recevoir un visa pour se rendre en France. Depuis, il est poursuivi pour « atteinte à la sûreté de l'État », une accusation que ses soutiens jugent infondée.
Son état de santé préoccupant a conduit à son transfert à l'hôpital, mais les autorités algériennes n'ont pas donné de nouvelles rassurantes. Le comité de soutien craint que sa détention ne se prolonge encore, malgré les appels répétés de personnalités comme Emmanuel Macron, qui a évoqué le sujet lors de ses entretiens avec les dirigeants algériens.
Un changement de méthode nécessaire
Le comité propose plusieurs pistes pour relancer la mobilisation : organisation de rassemblements devant les ambassades d'Algérie, lancement d'une pétition internationale, interpellation des parlementaires européens, et appel à la société civile algérienne. Il souhaite également que les écrivains et intellectuels du monde entier signent une tribune commune pour exiger la libération de leur confrère.
« Nous devons faire entendre notre voix de manière plus forte et plus coordonnée. La liberté d'expression est en jeu, et il est de notre devoir de ne pas laisser un écrivain être emprisonné pour ses idées », insiste le porte-parole.
La communauté internationale appelée à agir
Le comité de soutien interpelle également les organisations de défense des droits de l'homme, comme Amnesty International et Reporters sans frontières, afin qu'elles intensifient leurs campagnes. Il demande aussi à la France de prendre des mesures plus fermes, allant au-delà des simples déclarations diplomatiques.
« La France doit montrer qu'elle ne tolérera pas cette atteinte à la liberté d'expression. Des sanctions ciblées ou des mesures de rétorsion pourraient être envisagées si l'Algérie ne libère pas Boualem Sansal », suggère le communiqué.
Un appel à la société civile algérienne
Le comité lance un appel particulier aux intellectuels et artistes algériens, les invitant à se joindre à la mobilisation. Il estime que la pression interne est essentielle pour faire évoluer la situation. « Les Algériens qui aspirent à la démocratie doivent comprendre que le combat de Boualem Sansal est aussi le leur », conclut le communiqué.
Alors que l'été s'installe, le comité de soutien promet de ne pas relâcher la pression. Une nouvelle manifestation est prévue à Paris à la rentrée, et une campagne de lettres est lancée auprès des ambassadeurs des pays membres de l'Union européenne. La libération de Boualem Sansal reste une priorité absolue pour ses soutiens.



