Un épisode de chaleur historique à Bordeaux en mars 1977
Comme ces derniers jours, le 2 mars 1977, l'hiver semblait déjà s'éloigner tandis que le thermomètre affichait une hausse remarquable. Les températures ont dépassé les 20 degrés, établissant un record qui n'avait pas été observé depuis un demi-siècle. Retour sur cet événement météorologique exceptionnel avec l'article paru à l'époque.
Des températures record pour un début de mars
Le cycle des saisons peut parfois sembler pris de folie, et ce début mars 1977 en est une parfaite illustration. Alors que Pâques pourrait bien être "aux tisons", personne ne peut le prédire avec certitude. En revanche, une chose est sûre : les premiers jours de mars étaient véritablement "au balcon".
La vague de chaleur précoce qui a touché le sud de la France, et particulièrement la région bordelaise, s'est avérée exceptionnelle. Les responsables du service de climatologie de Bordeaux-Mérignac ont enregistré des températures record : 20,9°C le 1er mars et 21°C le 2 mars. Jamais, depuis cinquante et un ans, la colonne de mercure n'était montée aussi haut, le précédent record datant de 1926.
La vie bordelaise transformée par cette douceur printanière
Ce merveilleux temps du mercredi 2 mars 1977 a profondément transformé le quotidien des Bordelais. Ceux qui disposaient de loisirs en ont profité pleinement, adoptant une tenue presque légère pour la saison.
Le Jardin public, un lieu de rassemblement
Le Jardin public a été littéralement pris d'assaut par les petits et les grands. La circulation des voitures d'enfants y était extrêmement dense, et le guignol Guérin, indissociable de la petite histoire du "petit" monde bordelais, a réalisé en quatre séances des affaires fructueuses, bien que la place ne coûtât qu'un franc.
Les terrasses de cafés bondées
Les terrasses des cafés ont connu une affluence inhabituelle. Les gens attendaient qu'une table se libère avec une patience qu'on observe habituellement chez les vacanciers dans les stations balnéaires. Place Gambetta, sur le coup de 17 heures, l'ambiance était particulièrement animée.
Des scènes de vie insolites pour la saison
- Des ouvriers travaillaient torse nu à la pose d'un revêtement couleur bordeaux sur la chaussée de la place Gambetta.
- Un enfant s'abreuvait à la claire fontaine, profitant de la douceur ambiante.
- Des groupes d'amis se désaltéraient avec des sodas entre deux parties sur "Le petit mousse" au Jardin public.
Une soirée douce mais perturbée par le football
La soirée du 2 mars 1977 fut également douce, mais peu de Bordelais en profitèrent. Confinés dans leur demeure, des milliers d'entre eux regardaient le match de football à la télévision. Certains ont peut-être rêvé d'une nocturne qui se serait déroulée ce soir-là entre les Girondins et Liverpool... et que Bordeaux aurait gagné.
Cet épisode de chaleur précoce reste dans les mémoires comme un événement météorologique exceptionnel qui a temporairement transformé la vie quotidienne à Bordeaux, offrant un avant-goût de printemps en plein mois de mars.



