Aveyron : le policier Cédric Prizzon inculpé au Portugal pour le meurtre de deux femmes
Aveyron : Cédric Prizzon inculpé pour double meurtre au Portugal

Le drame des disparues de l'Aveyron s'éclaircit au Portugal

L'ancien policier aveyronnais Cédric Prizzon, 42 ans, a été présenté jeudi au tribunal de Vila Nova de Foz Côa, dans le nord du Portugal, sous les cris d'"Assassin ! Assassin !" de la foule. Cet homme au crâne rasé, vêtu d'une veste kaki et d'un pantalon gris, a été officiellement mis en examen pour le meurtre de deux femmes : Angela Legobien-Cadillac, 26 ans, et Audrey Cavalié, 40 ans.

Une cavale européenne stoppée au Portugal

Recherché activement depuis le 20 mars 2026 dans toute l'Europe, Cédric Prizzon a finalement été arrêté mardi soir à Meda, au Portugal, lors d'un contrôle de gendarmerie routière. Il circulait dans un fourgon Mercedes avec les deux enfants des victimes, âgés respectivement de 13 ans et 2 ans. Les mineurs, en état de choc mais physiquement indemnes, ont immédiatement été pris en charge par les autorités portugaises.

Dès son interpellation, l'ancien policier a tenté de brouiller les pistes en affirmant aux enquêteurs qu'il avait "abandonné les deux femmes en Espagne, saines et sauves, après une dispute". Une version rapidement contredite par les déclarations de son fils aîné, âgé de 12 ans, qui a subi un long interrogatoire en français avec la police judiciaire portugaise.

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Le témoignage crucial du fils aîné

Le jeune garçon a révélé aux enquêteurs la terrible vérité : son père avait étranglé ou étouffé les deux femmes avant de les enterrer dans un lieu isolé. Plus impressionnant encore, l'enfant a pu guider les policiers jusqu'au site d'inhumation, situé à plus de cent kilomètres du lieu d'arrestation.

"Il se souvenait de deux grandes antennes paraboliques de télévision surplombant la forêt", précisent les sources proches de l'enquête. Cette description correspondait au parc naturel de la Serra de Nogueira, où les corps ont effectivement été découverts mercredi, après quelques heures de recherches.

Un contentieux familial obsessionnel

Les deux femmes avaient disparu le 20 mars du petit village de Vailhourles, près de Villefranche-de-Rouergue dans l'Aveyron. Leur disparition avait immédiatement alerté les autorités judiciaires, compte tenu du lourd contentieux familial qui opposait Cédric Prizzon à ses ex-compagnes.

L'homme, décrit comme un colosse obsédé par les questions de garde d'enfants, avait déjà été condamné à plusieurs reprises pour non-respect des décisions judiciaires concernant son fils aîné. Une première condamnation pour violences réciproques lors d'une dispute avec Audrey Cavalié avait particulièrement marqué l'ancien policier.

"Pour lui, cette première condamnation était injuste", explique Philippe, un proche de Cédric Prizzon. "Elle lui avait donné deux coups de couteau de cuisine dans le ventre, lui jurait qu'il n'avait fait que la maîtriser. Pour lui, sa compagne était protégée par la justice."

Un enlèvement précurseur

Cette rancœur avait conduit Cédric Prizzon à organiser un premier enlèvement de son fils, pour lequel il avait été condamné une seconde fois. "Il avait été très bon dans la préparation de cet enlèvement", se souvient Philippe. "Il avait vendu une voiture, ou une moto, pour avoir du liquide, et quand l'enquête s'était déclenchée, il était déjà loin avec son fils."

Les nouvelles restrictions concernant son droit de visite n'avaient fait qu'attiser sa colère, préparant le terrain au drame ultime. "L'image que son fils avait de son père était pour lui très importante", ajoute le proche. "Tout ça ne colle pas avec l'idée que j'avais de ce personnage. Je ne suis pas du tout surpris que les enfants n'aient rien eu. Mais pour Angela, ça me dépasse."

Les questions en suspens

De nombreuses interrogations demeurent après cette arrestation :

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  • Pourquoi ce terrible passage à l'acte ?
  • Les deux femmes ont-elles été tuées sur place ou ailleurs ?
  • Les crimes ont-ils été commis simultanément ou à des moments différents ?
  • Quelle était la motivation précise de ces assassinats ?

Ce jeudi soir, la justice portugaise n'avait encore communiqué aucune information officielle à l'issue des premiers interrogatoires de Cédric Prizzon. Les enfants ont quant à eux été confiés à un service d'assistance sociale judiciaire spécialisé et devraient rapidement être rendus à leur famille en Aveyron, avec un suivi psychologique important, particulièrement pour le fils aîné témoin des crimes.

Une possible transmission à la justice française

La justice portugaise pourrait se dessaisir de cette enquête et en confier l'intégralité du traitement au pôle criminel de Montpellier. Dans ce cas, Cédric Prizzon serait rapidement transféré vers l'Hérault pour y être incarcéré en attendant son procès en France.

Cette affaire, qui a mobilisé les polices française, européenne et portugaise pendant plus d'une semaine, révèle la dangerosité d'un homme que ses proches décrivaient comme obsédé par les questions familiales et judiciaires, jusqu'à commettre l'irréparable.