Après plus de cinq années de dénégations, Cédric Jubillar a finalement reconnu le meurtre de son épouse Delphine dans une lettre adressée à son avocat, Me Pierre Dubuisson, révélée ce lundi 6 juin par La Dépêche du Midi. Une annonce qui a profondément marqué Me Malika Chmani, avocate des deux enfants du couple, jointe par Midi Libre.
Un soulagement pour les enfants
« On est soulagés pour eux, cela ne peut être qu’une bonne nouvelle, après tout ce qu’ils ont vécu qui reste effroyable », déclare Me Chmani. L’avocate insiste sur l’impact psychologique de ces aveux : « C’est un bon pas pour leur reconstruction, un aveu est toujours une bonne base pour avancer à nouveau. » Elle précise que les enfants, qui vivent chez leur tante et leur oncle, ont été informés par leur famille proche, bien que la nouvelle ait été apprise par la presse, ce qu’elle regrette.
L’attente du corps de Delphine
Les deux enfants de Delphine et Cédric Jubillar attendent toujours de pouvoir faire leur deuil. « L’aîné nous en a reparlé le mois dernier, en rappelant qu’il attend toujours le corps de sa mère, pour pouvoir faire son deuil », confie Me Chmani. Elle avait interpellé Cédric Jubillar à ce sujet lors d’une audience pour l’assistance éducative, mais il n’avait eu « pas la moindre réaction ». Aujourd’hui, avec les aveux, l’espoir renaît : « Maintenant, on attend le corps de Delphine », ajoute-t-elle.
La fin de six années de mensonges
Cédric Jubillar a été condamné le 17 octobre 2025 par la cour d’assises du Tarn à trente ans de réclusion criminelle pour le meurtre de Delphine, disparue dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 à Cagnac-les-Mines. Il a fait appel de cette décision, et le procès en appel est prévu à partir du 21 septembre devant la cour d’assises de Toulouse. « Cela fait longtemps qu’on essaie de lui faire dire la vérité, on lui a tendu des perches pendant tout le procès, mais il s’est enfermé dans ce silence et ces mensonges », rappelle Me Chmani, qui préfère retenir le positif : « Quoi qu’il se soit passé, ces aveux sont une démarche et un acte positifs. »
Incertitude sur le procès en appel
L’avocate exprime toutefois son inquiétude quant à l’impact de ces révélations sur le calendrier judiciaire. « Aujourd’hui, les enfants ont été préparés à ce procès, et ma crainte c’est qu’il soit reporté. Il y a eu pour ces deux enfants beaucoup de souffrances, d’attente, et ils veulent pouvoir passer à autre chose. Est-ce que ce procès va pouvoir avoir lieu comme prévu ? On n’a plus aucune certitude aujourd’hui », conclut-elle.



