Dix ans après l'attentat du 14 juillet 2016 qui a fait 86 morts et plus de 450 blessés sur la promenade des Anglais, la ville de Nice a rendu hommage aux victimes ce lundi 14 juillet 2026. Une cérémonie officielle s'est déroulée en présence du président de la République, Emmanuel Macron, tandis qu'une minute de silence a été observée avant le match de football France-Espagne au Stade de France. La présence de Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national, a suscité une vive controverse.
Une cérémonie solennelle en présence de Macron
Emmanuel Macron a présidé la cérémonie commémorative sur le lieu même de l'attentat, au mémorial bâti sur la promenade des Anglais. Le chef de l'État a déposé une gerbe de fleurs et s'est recueilli devant les noms des 86 victimes gravés dans la pierre. Dans son discours, il a salué la mémoire des disparus et rendu hommage aux survivants, qualifiant l'attentat de « traumatisme national indélébile ». Selon l'Élysée, cette commémoration visait à rappeler l'unité de la nation face au terrorisme.
Une minute de silence avant France-Espagne
À l'initiative de la Fédération française de football, une minute de silence a été respectée avant le coup d'envoi du match amical France-Espagne au Stade de France. Les 80 000 spectateurs présents ont observé un silence poignant, ponctué par des applaudissements. Les joueurs des deux équipes portaient un brassard noir. Le sélectionneur Didier Deschamps a déclaré : « C'est important de montrer que le sport peut être un vecteur de mémoire et de respect. »
La venue controversée de Marine Le Pen
La présence de Marine Le Pen à la cérémonie niçoise a provoqué des tensions. Plusieurs associations de victimes avaient demandé qu'elle soit exclue, estimant que sa formation politique instrumentalisait la tragédie. Le maire de Nice, Christian Estrosi, a défendu son invitation, affirmant que « la mémoire des victimes est au-dessus des clivages politiques ». En réaction, une contre-manifestation a rassemblé environ 200 personnes à l'appel de collectifs antifascistes, qui ont dénoncé une « récupération politique ». Marine Le Pen, pour sa part, a déclaré : « Je suis venue pour rendre hommage aux victimes, sans aucune arrière-pensée. »
Un bilan toujours douloureux
L'attentat du 14 juillet 2016 reste le plus meurtrier commis par un individu isolé en France. Le camion-bélier conduit par Mohamed Lahouaiej-Bouhlel a foncé sur la foule venue assister au feu d'artifice. Dix ans après, de nombreuses victimes souffrent encore de séquelles physiques et psychologiques. L'enquête judiciaire s'est conclue en 2022 par la condamnation de plusieurs complices présumés, mais le procès a ravivé les douleurs. Selon un sondage Ifop publié ce lundi, 72% des Français estiment que la menace terroriste reste élevée.



