L'UE abandonne l'obligation de batteries remplaçables dans les montres connectées
UE : pas de batteries remplaçables obligatoires dans les montres

L'Union européenne a annoncé l'abandon de l'obligation de batteries facilement remplaçables pour les montres et bracelets connectés, une décision qui marque un recul pour le droit à la réparation. Cette dérogation, officialisée le 14 juillet 2026, exempte les dispositifs portables de la réglementation stricte qui s'applique aux smartphones et tablettes depuis 2025.

Une exemption pour les dispositifs portables

Initialement, le règlement européen sur les batteries visait à imposer des batteries amovibles pour tous les appareils électroniques, y compris les montres connectées. Cependant, sous la pression des fabricants comme Apple, Samsung et Garmin, la Commission européenne a accordé une exemption spécifique pour les "dispositifs portables de très petite taille". Selon le texte final, les montres et bracelets connectés sont exclus car leur conception intégrée est jugée essentielle pour l'étanchéité et la résistance à l'eau, des caractéristiques clés pour ces produits.

Les arguments des fabricants et des défenseurs

Les industriels ont plaidé que l'obligation de batteries remplaçables nuirait à la compacité et à la durabilité des montres connectées. "Un boîtier étanche est indispensable pour un usage sportif et quotidien", a déclaré un porte-parole de Samsung. À l'inverse, les associations de consommateurs et les ONG environnementales dénoncent une décision qui favorise l'obsolescence programmée. "C'est un coup dur pour le droit à la réparation. Les montres connectées sont déjà difficiles à ouvrir, et cette exemption va aggraver le problème des déchets électroniques", a réagi Camille Leclerc, porte-parole de l'association Halte à l'Obsolescence Programmée.

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Impact sur l'environnement et les consommateurs

Cette décision pourrait avoir des conséquences environnementales significatives. Selon une étude de l'Agence européenne pour l'environnement, les montres connectées représentent environ 3% des déchets électroniques en Europe, un chiffre en croissance de 15% par an. Sans batteries remplaçables, les consommateurs devront remplacer l'intégralité de l'appareil lorsque la batterie s'use, ce qui pourrait augmenter le volume de déchets. En revanche, les fabricants estiment que la durée de vie des batteries dépasse généralement celle de l'appareil, et que les innovations en matière de recharge rapide compensent ce manque.

Un compromis politique

La décision de la Commission intervient après des mois de négociations. Le Parlement européen avait initialement voté pour inclure les montres connectées dans le champ d'application, mais le Conseil de l'UE a soutenu l'exemption. "Ce compromis permet de concilier innovation industrielle et objectifs environnementaux", a indiqué un porte-parole de la Commission. Toutefois, les écologistes dénoncent une victoire des lobbies. "Les fabricants ont fait pression pour protéger leurs designs propriétaires, au détriment de l'environnement", a déploré l'eurodéputé Vert David Cormand.

Quelles alternatives pour les consommateurs ?

En l'absence d'obligation, les consommateurs soucieux de durabilité devront se tourner vers des marques proposant des réparations officielles ou des programmes de recyclage. Certains fabricants comme Fairphone ont annoncé travailler sur des montres modulaires, mais leur commercialisation reste incertaine. Par ailleurs, le règlement européen impose toujours que les batteries soient facilement retirables par des professionnels, ce qui pourrait faciliter les réparations en atelier. "Ce n'est pas idéal, mais c'est mieux que rien", estime un expert en réparation.

Vers une harmonisation globale ?

Cette décision européenne pourrait influencer d'autres régions. Les États-Unis et la Chine suivent de près les réglementations européennes. Cependant, des ONG comme iFixit appellent à une mobilisation citoyenne pour exiger des produits plus réparables. "Nous allons continuer à faire pression pour que les montres connectées soient incluses dans les futures révisions du règlement", a conclu Camille Leclerc.

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