25 ans de réclusion pour l'assassinat à la résidence Pontcarral à Toulon
Assassinat à Toulon : 25 ans de réclusion pour Karim Lounici

La cour d'assises du Var a condamné Karim Lounici à 25 ans de réclusion criminelle pour l'assassinat de Fabien H., agent d'entretien de la résidence Pontcarral à Toulon, le 3 septembre 2022. Les jurés ont retenu la préméditation, rejetant la thèse de l'accusé qui affirmait avoir touché la victime accidentellement.

Un verdict attendu après trois jours de procès

Karim Lounici, 24 ans, est resté impassible ce jeudi après-midi lorsque la présidente Emmanuelle de Rosa a prononcé le verdict. Durant le procès ouvert le lundi 4 mai, il avait finalement reconnu être l'auteur du tir mortel, après plus de trois ans de dénégations. Il avait même accusé à tort son ami Marouan d'être le tireur et suggéré que la victime était impliquée dans des trafics, ce qui s'est révélé faux.

Les faits : cinq coups de feu à l'aube

Le 3 septembre 2022, vers 6 heures du matin, Karim Lounici, armé d'un revolver, a tiré cinq coups de feu devant la résidence Pontcarral. L'un d'eux a mortellement blessé Fabien H., un agent d'entretien apprécié de tous. L'accusé a soutenu qu'il voulait seulement "faire le barbot" et n'avait pas vu la victime. Mais pour l'avocate générale Pauline Loine, les faits contredisent cette version : "La Citroën C3 arrive à 6h01 et repart à 6h03. C'est un peu court pour une visite de courtoisie." Elle a souligné que Lounici portait deux paires de gants en latex et avait tiré quatre fois d'affilée, puis une cinquième six secondes plus tard.

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La préméditation retenue par les jurés

L'avocate générale a requis 30 ans de réclusion, estimant que Lounici avait prémédité son geste dans l'intention de tuer un concurrent dans le trafic de stupéfiants. "Karim Lounici avait prévu de tuer quelqu'un. Voilà pourquoi", a-t-elle déclaré. La défense, menée par Me Marie Seguin, a plaidé des violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, insistant sur le contexte d'une nuit alcoolisée et l'absence de planification. "Quelques heures avant les faits, il dînait avec sa copine. Il ne traquait pas sa victime", a-t-elle argué.

Des expertises techniques contestées

L'expert en balistique n'a pu établir qu'une trajectoire descendante de la balle, avec une distance de tir maximale de huit mètres. Les résidus de tir indiquent un tir à plus d'un mètre. Pour la défense, cela laisse une marge d'incertitude suffisante pour soutenir que Lounici n'avait pas l'intention de tuer. Mais la cour a jugé ces éléments insuffisants pour écarter la préméditation.

Une victime unanimement regrettée

Fabien H., décrit comme un "ange gardien" par les habitants du quartier, était un homme dévoué à sa famille et à son travail. Son frère aîné a témoigné : "Je n'ai découvert qu'après son décès qu'il était autant apprécié. Il faisait partie des murs." L'avocate générale a conclu : "Il est inacceptable de mourir ainsi, sur son lieu de travail, à l'aube, exécuté d'une balle dans la tête."

La condamnation à 25 ans de réclusion criminelle a été accueillie par les proches de la victime comme une juste reconnaissance de la gravité des faits.

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