Le maire d'Arcachon (Gironde), Yves Foulon, a été condamné ce jeudi 20 août 2026 par le tribunal correctionnel de Bordeaux à une amende de 10 000 euros, dont 5 000 euros avec sursis, pour menaces et violences envers son principal opposant aux élections municipales, l'écologiste Vital Baude. L'élu LR de 67 ans, qui n'était pas présent lors du prononcé du délibéré, devra également verser 2 500 euros à Vital Baude au titre du préjudice subi et a été condamné à une amende pour injures. Le parquet avait requis quatre mois de prison avec sursis.
Des propos virulents filmés à l'insu du maire
L'affaire remonte au 15 mars 2026, au matin du premier tour des élections municipales. Yves Foulon croise alors Vital Baude, son adversaire écologiste de 50 ans, et l'interpelle : « Vous vous comportez mal. » La suite de l'échange, filmée à l'insu du maire et publiée deux jours plus tard par le média en ligne « Vakita », est beaucoup plus virulente. Selon les images, Yves Foulon a lancé à son opposant : « Fils de pute », « enculé » ou encore « vous êtes une merde ». Il lui reproche d'avoir diffusé, pendant la campagne, une photographie du chantier de sa maison, construite à la place d'une villa patrimoniale qu'il avait fait démolir.
Le maire a également proféré des menaces : « Si je pouvais vous coincer derrière les poubelles, ça me ferait plaisir de vous mettre une branlée ! » et « Je vais tout faire pour vous baiser et je vais trouver quelque chose (…) dans votre vie personnelle ». Le tribunal a considéré ces propos comme une menace d'attenter « de manière grave et répétée aux conditions d'existence de M. Baude ».
Un contact physique retenu par le tribunal
Vital Baude accusait également le maire de l'avoir poussé, puis de lui avoir porté la main au niveau du menton. Yves Foulon avait contesté ces violences lors de son procès, mais les images ont convaincu le tribunal. Le juge a estimé que la vidéo montre « un contact physique avec suffisamment de force pour provoquer un recul ». Lors de l'audience, la procureure avait qualifié ce dossier de « plus grave » parmi les affaires d'atteinte aux élus dont le parquet de Bordeaux avait été saisi depuis que le gouvernement en a fait une priorité de sa politique pénale.
Avocat de profession et ancien député, Yves Foulon dirige cette cité balnéaire du bassin d'Arcachon depuis un quart de siècle. Il n'avait jusqu'ici jamais été condamné.
Réactions après la décision
À la sortie du tribunal, l'avocat d'Yves Foulon, Benoît Ducos-Ader, a vu dans la décision un « jugement d'apaisement », qui lui « paraît empêcher un appel ». « Je pense que tout le monde en restera là et ce sera une très bonne chose », a-t-il déclaré à la presse. Vital Baude, n'a lui pas fermé cette porte. L'opposant écologiste s'est interrogé sur une décision susceptible selon lui de faire « jurisprudence au niveau national ». Il a regretté que « le premier magistrat d'une ville » puisse « se permettre d'injurier, de menacer, d'avoir une attitude violente (…) et n'avoir aucune peine de prison avec sursis, conserver son mandat et toutes les prérogatives et les moyens de rétorsion qui vont avec ».



