Elliot, un Montpelliérain de 23 ans passionné de cliff diving, estime que les barrières anti-saut installées par l’agglomération de Pau sur la passerelle de Gelos sont « encore plus dangereuses que de sauter ». Dans une vidéo vue plus d’un million de fois sur Instagram, il tourne en dérision ces grilles à picots. L’agglomération répond que ces aménagements sont essentiels pour éviter un accident, car « à 30 mètres, l’eau, c’est du béton si on atterrit mal ».
Des barrières jugées contre-productives par un pratiquant expérimenté
Elliot, suivi par 85 000 personnes sur Instagram, pratique le cliff diving depuis plusieurs années dans le sud de la France. Il est retourné récemment à la passerelle de Gelos, un spot où il a beaucoup sauté durant son adolescence. Il explique que ces barrières ne dissuadent pas les sauteurs et pourraient même provoquer des accidents. « C’est pour ça que j’ai fait cette vidéo. Ces barrières, c’est encore plus dangereux que de sauter », affirme-t-il.
Le jeune homme se dit expérimenté : il ne saute jamais seul et effectue des « sondages » pour vérifier le fond, la profondeur et la présence de rochers après une crue. Il ajoute : « Je n’ai jamais passé ces barrières-là pleines de pics, donc moi, ça m’a dissuadé. » Sa crainte concerne ceux qui forcent le passage, notamment les personnes alcoolisées ou qui ne savent pas nager.
Un spot interdit mais toujours prisé
L’agglomération de Pau rappelle que le Gave est dangereux : « L’eau est froide, il y a du courant, on peut vite se retrouver dans un trou d’eau. » Elle explique que les barrières ont été installées car « beaucoup de jeunes passaient par là, ils sautaient du dessous de la passerelle ». Les sauts se font en effet sous l’ouvrage, accessible depuis un talus sur la berge. Pour empêcher l’accès, la zone a été fermée.
L’agglomération reconnaît que les sauteurs « prennent plus de risques quand ils l’utilisent » en contournant les barrières, mais souligne qu’ils en prennent aussi en sautant. Elle justifie les aménagements : « Les pouvoirs publics ne peuvent pas se permettre qu’il y ait un accident. » C’est la mairie qui avait signalé le problème des sauts dangereux dans le Gave.
Un policier municipal verbalise et fait de la prévention
Un policier municipal de Gelos confirme que le lieu est connu : « C’est effectivement un lieu de rassemblement assez connu maintenant pour pas mal de jeunes de la région. On est parfois surpris de voir des jeunes qui viennent de beaucoup plus loin que de l’agglomération paloise. » Il passe plusieurs fois par semaine pour faire de la prévention et montrer les arrêtés interdisant les sauts et la baignade.
Il verbalise les récalcitrants : « C’est des petites verbalisations à 35 euros, mais ça marque le coup quand même. Encore vendredi, j’en ai verbalisé un qui sautait du pont avec son copain. J’ai même appelé sa mère devant lui. C’est tout un travail de pédagogie. » Elliot, qui s’est déjà pris une amende, estime que c’était « mérité » mais pense que la pratique ne devrait pas être interdite, seulement « un peu plus encadrée ».



